Après l'incendie de Carlencas, la Confédération paysanne réclame un soutien au pastoralisme
Incendie de Carlencas : la Conf' appelle à soutenir le pastoralisme

Alors que les stigmates du long incendie qui a ravagé le plateau de Carlencas vont durablement défigurer le paysage entre Clermont-l’Hérault et Bédarieux, la Confédération paysanne de l’Hérault monte au créneau pour réclamer le soutien de l’agriculture paysanne et du pastoralisme, des outils efficaces contre le risque incendie. Car la déprise agricole crée un péril supplémentaire dans un contexte de réchauffement climatique qui aggrave encore les risques.

Une chute drastique du nombre d’exploitations

« Au début du siècle dernier, il y avait environ 4 000 moutons à Octon et ce n’est pas propre au village », illustre Olivier Pillet, deuxième porte-parole de la Confédération paysanne dans le département. Mais aujourd’hui, dans le secteur, comme ailleurs, l’élevage ovin est réduit à la portion congrue. En 1970, le pays comptait 1 587 639 exploitations. Cinquante ans plus tard, en 2020, ce nombre a chuté à 416 436, représentant à peine plus d’un quart des exploitations initiales et marquant une baisse d’environ 100 000 par rapport à 2010. Selon le site agriculture.gouv.fr, plus de 20 000 hectares de terres agricoles sont abandonnés chaque année. Et l’association Terre de liens indique que 40 000 fermes ont disparu en trois ans, soit 36 par jour.

Le pastoralisme comme outil de prévention

Face à cette situation, « nous défendons une politique de soutien à un pastoralisme qui peut contrer les effets de l’abandon agricole des terres en maintenant le couvert forestier plus ras. Cela permet de lutter contre les départs de feu », poursuit le vigneron. Selon lui, il est urgent de soutenir davantage le pastoralisme, de creuser le sujet des Groupements pastoraux, « en particulier en zone méditerranéenne. On le répète depuis des années. Et, aujourd’hui, la situation est beaucoup plus tendue. Le caractère inflammable des milieux naturels a augmenté. Le manque de soutien à l’agriculture paysanne et au pastoralisme transforme certaines zones d’arrière-pays en espaces délaissés, favorisant l’enfrichement »… et donc le risque incendie.

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La crise agricole aggrave la situation

Et la crise agricole complique encore la donne. « Les agriculteurs qui sont en difficulté ont tendance à réduire la surface qui est effectivement en production… » Les difficultés d’accès au foncier poussent aussi à la défriche ou à la concentration : « aujourd’hui aussi bien à l’achat qu’en location, il est très difficile d’obtenir des terres. Soit le prix est trop élevé soit les terres ne sont pas mises en location. Les transmissions sont difficiles. Ceux qui prennent leur retraite essaient de compenser la faiblesse de leur pension par la vente de l’exploitation, au détriment de celui qui reprend. »

Un appel à sortir des logiques industrielles

Plus largement, la confédération appelle à sortir des logiques d’orientation agricoles industrielles. « Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la survie du modèle paysan. Le risque c’est que l’on se retrouve en prise avec une agriculture de firme. Une agriculture immaîtrisable. » Pendant le « feu de Carlencas », plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs contribué à l’approvisionnement en eau des soldats du feu dans leur lutte contre les flammes. Un soutien logistique de 400 000 litres d’eau. Et certains exploitants du secteur ont payé un lourd tribut au sinistre.

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