La fête de la transhumance, ce week-end, malgré les difficultés
Lors de la conférence de presse, sur les hauteurs de Val-d’Aigoual, la 34e édition de la fête de la transhumance a été présentée. Elle aura lieu les samedi 13 et dimanche 14 juin à l’Espérou. Ce moment incontournable permet également de faire part de certaines problématiques.
Pierrick Garmath et son père, aujourd’hui berger à la retraite, ont ainsi reçu la presse en amont de l’événement, sur les hauteurs de Val-d’Aigoual face à un paysage à couper le souffle. Étaient présents Christophe Boisson, président de la communauté de communes Causses Aigoual Cévennes-Terres Solidaires, Laurent Balsan maire de Dourbies, Michel Monnot et Bernard Grellier, représentants de la commune de Val-d’Aigoual. Benjamin Peyre, un ami éleveur d’Arrigas, s’était également déplacé.
Cette rencontre avait pour objectif de présenter la fête de la transhumance, de mettre en valeur le métier de berger et d’échanger sur les principales préoccupations de la profession. Pierrick et Benjamin ont ainsi à nouveau partagé leurs fortes inquiétudes face à la prolifération du loup. La législation les oblige à être propriétaires de patous afin de protéger leurs troupeaux. La présence de ce chien est mal comprise et mal interprétée par le public, qui a du mal à trouver l’équilibre entre prévention et répression.
Benjamin Peyre déplore le manque de communication entre le berger et le public : "Avant ces problèmes, les promeneurs, les vététistes, les randonneurs, venaient vers moi et nous pouvions discuter, nous enrichir les uns les autres de nos connaissances et nos projets. Aujourd’hui, je ne vois plus personne, les gens passent ailleurs de peur des patous. Ces chiens sont les protecteurs de leur troupeau, il suffit de comprendre cette notion et d’appliquer les règles indispensables à une bonne relation".
Une petite lueur d’amélioration
Dans cette lutte, une petite lueur d’amélioration est apparue : le 1er juin dernier, l’Assemblée nationale a adopté des mesures exceptionnelles pour simplifier la protection des troupeaux. Pierrick voit en ce texte une petite lueur d’espoir, mais réserve son avis en attendant d’étudier ces mesures : "Nous connaîtrons dans les semaines qui arrivent les détails et l’application de cette réglementation. Par ailleurs, nous sommes aujourd’hui confrontés à l’augmentation de la population de mouflons, animaux qui viennent manger sur nos terres, ce qui pénalise la gestion de la nourriture de nos brebis".
Christophe Boisson connaît les problématiques du métier de berger et assure aux éleveurs le total soutien de la communauté de communes dans leurs problématiques, mais également dans leur désir de maintenir cette fête de la transhumance, véritable vitrine de leur profession. Le rôle joué dans le maintien de la biodiversité et dans l’entretien des espaces qui seraient en friche sans la présence des troupeaux est essentiel et doit être soutenu.
Redécouvrir les sites
Laurent Balsan, maire de Dourbies, rappelle que cette fête lance la campagne touristique en Cévennes, permet aux visiteurs de découvrir ou redécouvrir les sites comme le climatographe observatoire du Mont Aigoual, la Maison de l’eau sur la commune des Plantiers…
Michel Monnot et Bernard Grellier exposent l’importance de l’élevage sur l’économie locale, du manger local pour soutenir les agriculteurs.



