Darquer, la plus ancienne fabrique de dentelles de Calais, fondée en 1840, cesse définitivement son activité ce vendredi. La société, qui employait encore 45 salariés, avait été placée en liquidation judiciaire début juillet par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, après une année passée en redressement judiciaire.
Une lutte acharnée jusqu'au bout
« On a des clients qui nous ont accompagnés, qu’on va essayer d’accompagner au mieux jusqu’à la fin […]. On s’est battus jusqu’au bout », avait déclaré Sébastien Bento Soares, directeur général de Darquer, après la décision du tribunal. Il avait précisé que Darquer faisait encore fonctionner « une quarantaine » de métiers à tisser Leavers, énormes machines de fonte conçues en Angleterre au début du XIXe siècle puis perfectionnées avec le système Jacquard.
Un prestige mondial insuffisant
Prisée par des grands couturiers du monde entier, des stars comme Beyoncé ou des membres de la famille royale britannique, la dentelle de Calais-Caudry a obtenu en 2024 une indication géographique (IG) pour tenter de mieux la protéger des contrefaçons. Mais cela n’a pas suffi à enrayer le déclin de la filière, confrontée notamment à la concurrence exacerbée des dentelles tricotées, souvent fabriquées en Asie pour un coût très inférieur.
Un secteur en voie de disparition
Après la disparition de Darquer, il ne restera plus que deux autres dentelliers à Calais, selon Sébastien Bento Soares, et quelques autres fabricants installés à Caudry. Darquer faisait partie, depuis 2019, du groupe diversifié nordiste Cochez, qui s’est alors bâti un « pôle » dentelles. Aujourd’hui, l’activité dentelles du groupe Cochez n’est plus constituée que d’un atelier à Calais, Boot & Cosetex.
Cette entité s’est en effet réduite comme peau de chagrin ces dernières années, avec la cession du dentellier calaisien Noyon à son ancienne filiale srilankaise et la fermeture de Desseilles en 2023, puis la vente des ateliers Méry à Caudry en 2025.



