Costières de Nîmes : un millésime 2026 prometteur malgré les défis
Costières de Nîmes : millésime 2026 prometteur sous tension

L'AOC Costières de Nîmes dévoile un millésime 2026 prometteur, marqué par des vins frais et équilibrés, malgré un contexte climatique et commercial exigeant. Les vendanges, terminées, révèlent des volumes en hausse de 15 % par rapport à l'année précédente, selon le syndicat de l'appellation.

Un millésime exceptionnel, fruit d'un hiver pluvieux et d'un été chaud

Après cinq mois de températures oscillant entre 33 et 39 degrés, les vignerons s'attendaient à des vins solaires aux arômes confits. « Bonne surprise, on a des vins sur la fraîcheur », se réjouit Cyril Marès, président du syndicat des Costières de Nîmes. Les blancs et les rosés affichent de beaux équilibres, tandis que les rouges offrent maturité et souplesse. Le millésime 2026 promet des vins expressifs, mûrs et concentrés.

Les pluies abondantes de l'hiver et du printemps, suivies d'un été chaud, ont favorisé un très bon état sanitaire du vignoble. Les vendanges, débutées début août, se sont échelonnées pour rechercher le meilleur potentiel aromatique. « Un millésime comme ça, on en a un tous les dix ans. En trente ans de métier, je n'ai connu que deux mauvaises années : 1999 et 2002 », ajoute Cyril Marès, soulignant que l'appellation est bien adaptée au réchauffement climatique.

Le défi du changement climatique et l'adaptation du vignoble

Malgré cette adaptation naturelle, le changement climatique reste un défi majeur. Les vignerons testent de nouveaux cépages plus résistants à la chaleur. « Le grenache résiste mieux que la syrah, on travaille aussi sur les porte-greffes », explique Cyril Marès. Isabelle Gassier, vigneronne au château de Nages, expérimente le bourboulenc, le picpoul et le carignan blanc. Ces cépages sont introduits à hauteur de 5 % dans les parcelles. Si l'expérimentation est validée, ils pourraient être intégrés, voire augmentés, après modification du cahier des charges de l'appellation, dans un délai de cinq à dix ans.

L'irrigation constitue l'autre enjeu crucial. « Il en va de la survie du vignoble », assurent les vignerons. Actuellement, une demande d'autorisation auprès de l'INAO est nécessaire, et les vignerons souhaitent pouvoir arroser dès que nécessaire sans attendre. « Irriguer plus n'est pas produire plus, on ne va pas vider les réserves d'eau », plaide Cyril Marès, qui espère un vote positif en ce sens en décembre.

Des débouchés à reconquérir et des volumes en baisse

Le millésime s'annonce excellent, mais la commercialisation reste un défi. « Vendre son vin demande trois fois plus d'énergie qu'il y a vingt ans », constate Cyril Marès. La consommation diminue, les circuits de distribution évoluent, et les volumes produits s'adaptent : 98 000 hectolitres cette année, en baisse de 11 %. « On préférerait faire 200 000 hectos comme il y a quelques années, mais on n'a pas de surproduction, on est à l'équilibre économique ».

Depuis dix ans, les volumes produits en conventionnel sont passés de 85 % à 10 %, au profit des productions HVE, bio et biodynamiques. Le rouge représente 43 % des sorties de chais, tandis que le blanc atteint 10 %, contre 6 % il y a dix ans. Parmi les innovations, l'appellation travaille sur une mention « villages » depuis une dizaine d'années. Les vignerons ont jusqu'à fin octobre pour choisir les parcelles qui la porteront dès 2027.

Un terroir préservé et des initiatives pour l'avenir

Dans un contexte tendu, la jeune génération prend la relève avec de nouvelles pistes : baisse des surfaces agricoles, diversification des cultures, œnotourisme. « Environ 15 % des vignes ont été arrachées depuis deux ans », note Cyril Marès, qui insiste sur la qualité globale du terroir. Il se montre réservé sur l'agriphotovoltaïsme, qui peut dénaturer les paysages : « Dire agri, c'est juste un prétexte pour trouver des terres souvent ». Aurélie Pujol, directrice des Costières de Nîmes, ajoute : « Déjà, on se bat contre la THT qui balafrerait nos Costières ».

Pour fêter ses 40 ans, l'appellation organise un dîner d'exception « Minuit Toqué » samedi 21 novembre au château Saint-Louis La Perdrix à Bellegarde, pour 250 convives. Huit chefs étoilés, dont Michel et Sébastien Bras, Franck Putelat, Christian Têtedois, Serge et Maxime Chenet, Cyril Attrazic, Christian Etienne et Michel Kayser, concocteront des accords mets-vins. Le tarif est de 99 €, avec informations et inscriptions sur www.costieres-nimes.org.