Après plus d'un an de fermeture, le banc des pêcheurs des Marines de Cogolin a rouvert ses étals, une initiative de la nouvelle maire Isabelle Farnet Risso et de son équipe. Les locaux et vacanciers peuvent à nouveau acheter du poisson frais et local les jeudis et samedis matin, de 10 heures à midi, sur le quai de la Galiote.
Le local est mis gratuitement à disposition des pêcheurs par la régie de la capitainerie, qui reverse un loyer à la mairie de Cogolin, le tout encadré par une convention. Sur place, Franck Cannova, Enrico Piccinini et Luca Picasso accueillent particuliers et restaurateurs. Les poissons proposés sont pêchés dans les eaux des Marines de Cogolin, de Pampelonne, de l'Escalet et des Salins, tandis que les thons, espadons et beaux yeux proviennent du large.
Une profession en difficulté malgré la réouverture
Derrière cette réouverture, les professionnels dressent un constat préoccupant sur l'avenir de leur métier. « Avec les aires marines protégées imposées par l'Europe, on nous retire progressivement nos secteurs de travail. La Communauté de communes vient de nous enlever toute la zone de Pampelonne », expliquent les pêcheurs. Ils dénoncent également une cohabitation difficile avec les plaisanciers.
Les pêcheurs ont fait part de leurs inquiétudes à Vincent Morisse, président de la Communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, à Sylvie Siri, maire de Saint-Tropez, ainsi qu'au préfet. À ces contraintes s'ajoute une forte augmentation des charges : « Ces dernières années, nous avons subi plus de 50 % d'augmentation du prix de l'essence et du matériel. Aujourd'hui, être pêcheur n'est pas rentable », insistent-ils.
Une dizaine de pêcheurs seulement
Ils ne sont aujourd'hui plus qu'une dizaine de pêcheurs professionnels sur le secteur, un chiffre qui illustre la crise. Ces derniers notent aussi un manque de visibilité : « Les clients ne savent pas encore que nous sommes là. Il y a un problème de signalétique ».
La maire de Cogolin, Isabelle Farnet Risso, assure vouloir accompagner cette reprise : « Nous allons communiquer. Nous sommes en train de retravailler les panneaux d'affichage. » Elle indique également vouloir se rapprocher de la Communauté de communes afin d'obtenir les tenants et les aboutissants du dossier concernant les zones de pêche.
Cette réouverture est une bouffée d'oxygène pour la pêche artisanale locale, mais elle ne masque pas les difficultés structurelles. Entre restrictions réglementaires, coûts croissants et concurrence des loisirs nautiques, les pêcheurs des Marines de Cogolin tentent de maintenir une activité essentielle pour le territoire.
La mairie, par la voix de son adjointe déléguée aux commerces, aux entreprises et aux travaux, Nicolas Patacchini, et de Patrice Di Paolo, élu délégué à l'environnement, à la façade maritime et à la gestion domaniale, s'engage à soutenir cette relance. Reste à savoir si les mesures annoncées suffiront à pérenniser ces emplois et ce savoir-faire.



