La pièce Prom_14, présentée jeudi soir à La Semeuse, est un coup de poing théâtral. Adaptée du journal de bord à l'acide sulfurique de Thierry Vimal, père d'Amie, 12 ans, tuée dans l'attentat du camion du 14 juillet 2016, elle délivre une charge féroce contre l'hypocrisie officielle et les tartuffes qui gravitent autour du drame.
Un texte brut et poétique
Thierry Vimal a écrit ce journal pendant les trois mois et demi du premier procès de l'attentat. Sur scène, le texte a été élagué mais conserve sa poésie et son âpreté. « C'est affreusement beau, même quand c'est joliment moche », décrit la critique. Chaque mot est une déflagration, chaque silence un coup de poignard.
Mise en scène intelligente
Jonathan Gensburger signe une mise en scène ingénieuse, avec un décor ultra-resserré et étouffant. Le rythme infernal est ponctué de pauses douces, et la tragédie se vit presque comme un vaudeville, rythmé par des ruptures pop iconoclastes, de Dick Rivers à Ghostbusters. « Ça cogne, comme un battement de cœur qui s'emballe », écrit la journaliste Stéphanie Gasiglia.
Une performance désarmante
Le comédien Julien Storini, seul en scène dans ce piège claustrophobique, est « incroyable ». Il encaisse et frappe, boxeur de tirades. En un souffle, il bascule de la tendresse infinie à l'ironie cannibale. Il croque les avocats qui se sont remplis les poches, les témoins ridicules, le procès antiterroriste sans empathie, les accusés « débiles », et les donneurs de leçons qui dictent aux victimes comment se comporter. « Mandales à tous les étages », résume l'article.
Une leçon intransigeante
La pièce dure environ 1h30 et mêle rire et larmes. Elle est décrite comme « drôle, instruite, pédagogique » et « remue intensément ». C'est une leçon intransigeante de tolérance et d'intolérance, un drame universel et absolu.



