Mouna Saboni: l'exploration hors frontières de l'image
Mouna Saboni: exploration hors frontières de l'image

La photographe Mouna Saboni présente actuellement son exposition «Almageste» à la Galerie Clémentine de la Féronnière, à Paris, jusqu'au 30 septembre. Cette série, qui mêle photographies et textes, explore les notions de frontières, d'exil et de mémoire, à travers un voyage intime et poétique.

Une exploration intime des frontières

Mouna Saboni, née en 1981 à Casablanca et basée à Paris, a parcouru le monde pendant plusieurs années pour réaliser ce projet. Elle a notamment voyagé au Maroc, en Espagne, en Grèce et en Turquie, suivant les traces des migrants et des réfugiés. Mais plutôt que de documenter de manière journalistique, elle propose une vision subjective et métaphorique, où les paysages et les objets deviennent des symboles de la condition humaine.

Le titre «Almageste» fait référence à l'ouvrage de Ptolémée, un traité d'astronomie qui a longtemps fait autorité. Pour l'artiste, il s'agit d'une métaphore de la quête de sens et de la tentative de cartographier l'inconnu. «Je m'intéresse à la manière dont nous construisons des repères dans un monde instable», explique-t-elle. «Les frontières sont des constructions humaines, mais elles ont des conséquences très réelles sur les vies.»

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Un travail hybride entre photographie et texte

L'exposition se compose d'une trentaine de photographies en noir et blanc, ainsi que de textes manuscrits de l'artiste, qui accompagnent chaque image. Ces textes, parfois poétiques, parfois plus narratifs, évoquent des rencontres, des histoires personnelles, ou des réflexions sur le déplacement. L'ensemble crée une atmosphère à la fois mélancolique et contemplative.

Mouna Saboni utilise un appareil argentique et travaille souvent en longue pose, ce qui donne à ses images un caractère intemporel. Elle privilégie les détails : une fenêtre éclairée, un mur fissuré, une valise abandonnée. Ces éléments deviennent des indices d'une présence humaine, même lorsqu'elle est absente.

Un regard sur l'exil et la mémoire

Le projet a été réalisé entre 2019 et 2023, une période marquée par la crise des réfugiés et la pandémie de Covid-19. L'artiste confie : «J'ai été témoin de la fermeture des frontières, et cela a renforcé mon désir de questionner ces limites. » Ses photographies montrent des lieux de passage, des camps, des côtes, mais aussi des espaces plus abstraits, comme des chambres d'hôtel ou des gares désertes.

L'exposition est également accompagnée d'un livre publié aux éditions Filigranes, qui rassemble l'ensemble de la série. Ce livre a reçu un accueil critique favorable, et a été sélectionné pour le Prix du livre d'auteur aux Rencontres d'Arles 2024. Selon la galerie, l'exposition a déjà attiré plus de 500 visiteurs depuis son ouverture en juin.

Une carrière marquée par l'engagement

Mouna Saboni a étudié à l'École nationale supérieure de la photographie d'Arles, puis a travaillé comme photoreporter pour plusieurs médias internationaux, notamment pour couvrir des conflits au Moyen-Orient et en Afrique. Elle a reçu de nombreux prix, dont le Prix de la Fondation des Treilles en 2018. Son travail a été exposé dans des institutions prestigieuses telles que le Centre Pompidou et la Maison européenne de la photographie.

«Almageste» est sa première exposition personnelle à Paris depuis 2019. Elle témoigne de son évolution vers une photographie plus contemplative et introspective, tout en conservant un engagement fort pour les questions sociales et politiques.

Informations pratiques

L'exposition est visible du mardi au samedi, de 11h à 19h, à la Galerie Clémentine de la Féronnière, située au 22 rue de la Féronnière, dans le 11e arrondissement. L'entrée est libre. Une visite guidée par l'artiste est prévue le samedi 20 juillet à 15h. Le catalogue de l'exposition est disponible à la librairie de la galerie.

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