La photographe française Élise Blanchard présente à Paris une série de photographies documentant le sort des fillettes vendues par leurs parents en Afghanistan. Ce travail, qu'elle décrit comme « le reportage le plus dur » qu'elle ait réalisé, est exposé dans une galerie parisienne jusqu'à la fin du mois de septembre.
Un reportage au cœur de la détresse afghane
Élise Blanchard a passé plusieurs semaines en Afghanistan, où elle a rencontré des familles contraintes de vendre leurs filles pour survivre. Selon la photographe, la pauvreté extrême et l'effondrement économique ont poussé de nombreux parents à cette extrémité. Elle confie : « C'est le reportage le plus dur que j'ai réalisé. »
Le reportage met en lumière des histoires poignantes, comme celle d'une fillette de 8 ans vendue pour 2 000 dollars. Blanchard a documenté les conditions de vie de ces enfants, souvent mariées de force à des hommes plus âgés. Elle souligne que la vente est souvent présentée comme un « mariage arrangé », mais qu'il s'agit en réalité d'une transaction financière.
Des familles brisées par la crise
La photographe explique que la crise économique, aggravée par le retour des talibans au pouvoir, a réduit des millions de familles à la misère. Les parents, souvent des veuves ou des pères sans travail, n'ont d'autre choix que de vendre leurs filles pour nourrir le reste de la famille. Blanchard rapporte des témoignages de mères déchirées, qui espèrent que leurs filles seront mieux traitées que dans leur propre foyer.
Le reportage inclut également des images de la vie quotidienne dans les villages, où la famine menace. La photographe a documenté des distributions d'aide humanitaire, insuffisantes face à l'ampleur des besoins. Selon l'ONU, plus de 20 millions d'Afghans souffrent de la faim, un chiffre qui a doublé depuis 2020.
Une exposition pour témoigner et alerter
L'exposition, intitulée « Les vendues », se tient à la galerie du Marais à Paris. Elle réunit une trentaine de photographies en noir et blanc, accompagnées de récits recueillis sur place. Élise Blanchard espère que ce travail sensibilisera le public et les décideurs à l'urgence de la situation afghane.
La photographe prévoit également de publier un livre de photographies en 2027. Elle appelle à une prise de conscience internationale et à un renforcement de l'aide humanitaire. Selon elle, sans action immédiate, des milliers d'autres fillettes risquent de subir le même sort.



