Grasset après Nora : une rentrée 2028 sous le signe de Bolloré ?
Grasset après Nora : une rentrée 2028 sous le signe de Bolloré ?

La maison Grasset, secouée cet été par le départ de 300 auteurs en seulement huit jours après l'éviction d'Olivier Nora, pourrait voir sa rentrée littéraire de septembre 2028 ressembler à celle de Fayard aujourd'hui. C'est ce que suggère Didier Jacob dans sa chronique du 29 août 2026, où il esquisse un avant-goût des futures parutions de l'éditeur.

Une fuite massive après l'éviction d'Olivier Nora

L'affaire Grasset a agité le milieu littéraire cet été, deux ans après l'affaire Fayard. Quand Fayard a basculé dans le « nouvel ordre moral » après la prise de contrôle par le groupe Hachette-Bolloré en 2024, les auteurs avaient mis du temps à réagir. Chez Grasset, en revanche, ils sont partis « en huit jours top chrono, 300 d'un seul coup d'un seul », suite à l'éviction de leur éditeur et maître, Olivier Nora. Un record qui interroge : « Qui va-t-on publier chez Grasset, maintenant qu'il n'y a plus d'auteurs ? »

Pour Didier Jacob, la projection est évidente : « il y a fort à parier que la rentrée Grasset, dans deux ans, ressemblera à la rentrée Fayard d'aujourd'hui ». Les auteurs qui ont fui Fayard, comme le cardinal Bustillo ou Nicolas Diat, pourraient bien être les piliers de la future maison Grasset.

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Chez Fayard, une rentrée chargée et optimiste

En attendant, la rentrée littéraire de Fayard s'annonce dense. Le cardinal Bustillo publie le tome III de ses « Carnets corses », avec un argumentaire qui promet : « Sous les signes de fragilité que l'époque observe, sécularisation, vieillissement du clergé, communautés qui se fragilisent, le cardinal discerne les traces d'un renouveau spirituel silencieux. Il l'appelle un “printemps discret” ». Malgré le grand ménage de 2024, la maison a conservé quelques auteurs, dont Bustillo, et la tendance est finalement à l'optimisme.

Fayard, éditeur historique de Nabokov, Thomas Mann, Soljenitsyne, Leonardo Sciascia, Juan Goytisolo, Muriel Spark ou Ismaïl Kadaré, mise aussi sur Nicolas Diat, qui dirige la collection « Choses vues ». Diat, qui avait été refusé par Olivier Nora à Grasset – Nora lui suggérant d'aller « faire ses besoins dans sa propre litière » –, coécrit avec le cardinal Bustillo « le Cœur ne se divise pas » (2023). Il signe également avec Erik Varden « Introduction à la vie cachée », un dialogue qui sort ces jours-ci chez Fayard, et dont le pitch évoque une « transformation décisive qui se joue dans le secret ».

Une rentrée 2028 avec Marine Le Pen ?

Mais l'événement de la rentrée 2028 chez Grasset, selon Didier Jacob, sera sans nul doute les « Carnets de campagne » de Marine Le Pen, « la nouvelle présidente de la République qui aura coécrit le livre avec… ». Une projection qui laisse entendre que la bollorisation des publications de Grasset est en marche, comme elle l'a été chez Fayard.

En septembre 2028, les lecteurs pourraient donc découvrir la suite de l'« Introduction à la vie cachée » et les « Carnets de campagne » de Marine Le Pen, marquant une nouvelle ère pour la maison fondée par Bernard Grasset.

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