São Tomé : préserver les roças, vestiges du passé colonial
São Tomé : préserver les roças coloniales

À São Tomé-et-Principe, les roças, ces anciennes plantations coloniales, constituent un patrimoine architectural et historique exceptionnel, mais fragile. Un projet de restauration est en cours pour sauvegarder ces vestiges du passé colonial, qui témoignent d'une histoire complexe. L'initiative vise à concilier préservation de la mémoire et développement local.

Un héritage colonial menacé

Les roças étaient au cœur de l'économie de l'archipel, fondée sur la culture du cacao et du café. Ces vastes domaines comprenaient des habitations, des infrastructures de production et des églises, formant de véritables villages autosuffisants. Aujourd'hui, beaucoup sont à l'abandon, victimes de l'usure du temps et du manque d'entretien. Selon les autorités locales, sur les 200 roças recensées, une trentaine seulement est encore en bon état.

Un projet de restauration ambitieux

Face à ce constat, un projet de restauration a été lancé, avec le soutien d'organisations internationales et d'experts en patrimoine. L'objectif est de restaurer plusieurs roças emblématiques, comme la roça de São João dos Angolares, transformée en pôle culturel et touristique. Les travaux incluent la réhabilitation des bâtiments, la mise en valeur des jardins et la création d'espaces d'interprétation pour raconter l'histoire de ces lieux. Selon un responsable du projet, la priorité est de « préserver l'authenticité des lieux tout en les adaptant aux usages actuels ».

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Un levier pour le tourisme et la mémoire

La restauration des roças est perçue comme un levier pour le développement touristique de l'île, qui mise sur un tourisme durable et culturel. Les visiteurs peuvent découvrir l'architecture coloniale, les anciennes machines à vapeur et les églises, tout en comprenant les conditions de vie des travailleurs de l'époque. Ce travail de mémoire est essentiel pour les habitants, qui voient dans ces bâtiments un lien tangible avec leur histoire. Le projet prévoit également la formation de guides locaux et la création d'activités économiques autour des roças, afin que la préservation profite directement aux communautés.

Un avenir incertain mais prometteur

Malgré les avancées, le chemin reste long. Les fonds nécessaires à la restauration complète de toutes les roças sont considérables, et les défis techniques sont nombreux, notamment pour préserver les matériaux d'origine. Cependant, les premiers résultats sont encourageants, et les autorités espèrent que ces efforts permettront de faire reconnaître les roças comme patrimoine mondial de l'UNESCO. Une décision est attendue dans les prochaines années, ce qui pourrait donner un nouvel élan à la sauvegarde de ce patrimoine unique.

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