Un huissier a officiellement comptabilisé 168 danseurs et danseuses lors de la tentative de record du monde du plus grand French Cancan, organisée mercredi après-midi sur le Miroir d'eau à Bordeaux. La performance, filmée, va être envoyée au Guinness World Records pour être homologuée.
Neuf cabarets et quatre écoles de danse de Nouvelle-Aquitaine ont participé à cet événement, initié par le FAB (Festival international des arts de Bordeaux) et le cabaret L'Ange Bleu en Gironde. La manifestation a attiré une foule nombreuse autour de la place de la Bourse.
Un pari fou porté par le FAB et L'Ange Bleu
« C'est Alexandre Duvollet, le directeur de l'Ange Bleu, qui m'a proposé ce pari un peu dingue de battre le record du monde du plus grand French Cancan, à inscrire dans le Guinness Book des records, raconte Sylvie Violan, la directrice du FAB. Je lui ai dit O.K., à condition que l'on fasse cela dans l'espace public, car l'idée du FAB est vraiment de faire de la ville une scène à ciel ouvert. C'est ainsi que nous avons souhaité offrir à ce plus grand French Cancan une scène incroyable, celle de la place de la Bourse et du Miroir d'eau à Bordeaux. »
Derrière l'exploit, l'objectif est aussi de mettre en lumière « une pratique qui se fait tous les week-ends dans les cabarets, car c'est une danse qui plaît toujours, et qui s'apprend, même en amateur », explique Laurent Vinauger, délégué à la danse et référent cabaret au ministère de la Culture.
Une diversité de cancans à travers la France
« On connaît tous le cancan du Moulin Rouge, qui est un peu le cancan officiel, mais il y a aussi 199 autres cabarets sur le territoire national, qui presque tous ont des cancans, tous très différents », souligne Laurent Vinauger. Il vient de lancer la « Saison Cabaret », qui se déroulera dans toute la France jusqu'au mois de décembre. « L'idée est d'ouvrir le regard sur toutes les formes de cabaret, pas uniquement le cancan, car depuis une quinzaine d'années il y a un regain d'intérêt du public, et un renouveau des pratiques », dit-il.
Apparu vers 1830 dans les bals populaires à Paris, le Cancan, renommé French Cancan par les Anglais dans les années 1860, trouve ses racines dans des revendications très politiques. « Ces femmes qui commencent à le danser au début du XIXe siècle investissent les salles de balle, alors que seuls les hommes pouvaient danser, et vont commencer à prendre le pouvoir, avec des noms qui voulaient marquer les esprits, comme la Dame caca, La Goulue… », raconte Laurent Vinauger.
Une danse engagée et ouverte
Créé sur une base de quadrille - une danse de salon –, le Cancan regroupe en réalité un ensemble de danses très thématisées, en fonction du cabaret qui le présente : la mitraillette en rapport à l'armée, la cathédrale en référence à la religion… « C'est donc une danse très engagée, et c'est cette histoire que l'on veut raconter, avec le côté féerique également », poursuit Laurent Vinauger.
« C'est par ailleurs une danse qui s'est ouverte au fil du temps, très vite pratiquée par des danseurs également, et avec des costumes de toutes les couleurs désormais, qui ne sont plus cantonnés au bleu-blanc-rouge », souligne Sylvie Violan. Un dossier a été déposé pour une inscription du French Cancan à l'inventaire du patrimoine immatériel national. « C'est la première étape avant de passer à une inscription au patrimoine de l'Unesco, un processus qui prendra plusieurs années », indique Laurent Vinauger.