À Soubès, dans l'Hérault, alors que les cours d'eau sont à sec, certaines sources continuent de révéler leur présence grâce à de petits ouvrages en pierre, véritables trésors du patrimoine local. Cet été caniculaire met à rude épreuve les sources et rivières dont les débits baissent inexorablement. Même au pied du Larzac, les veines d'eau sont rares et il a fallu toute l'ingéniosité des anciens pour les capter par des canaux, aqueducs ou de petits ouvrages qui font partie du patrimoine local.
Des sources discrètes et ingénieusement captées
Les sources relèvent parfois du secret de famille ou sont bien connues le plus souvent des seuls agriculteurs. La source des Clauzels en est la parfaite illustration : elle sourd quelques mètres en contrebas du chemin communal sans que le promeneur ne se doute de quoi que ce soit. Pourtant, il suffit de longer un clapas* qui s'arrondit en forme d'entonnoir comme un puits bâti à ciel ouvert : un escalier de pierres brut conduit trois mètres plus bas jusqu'à l'onde claire qui coule subrepticement dans un murmure imperceptible.
Il en est de même du côté de Coutelles où un point d'eau serait insoupçonnable si un figuier ne trahissait pas la veine dans le paysage. À l'orée d'une cerisaie, l'eau coule discrètement d'un antique tuyau en terre cuite quasi invisible entre les pierres d'une terrasse de culture. Caché dans les capillaires, un verre épais de la fonderie éponyme du Nord a longtemps servi à désaltérer le propriétaire.
La source-fontaine Miejasole, point d'eau emblématique
À l'inverse, on ne peut manquer la source-fontaine Miejasole dont la gloriette qui jouxte l'ancien chemin médiéval de Lodève au Caylar est l'unique point d'eau du vallon de Font d'Amans. L'onde suinte à la faveur d'une couche d'argile, mais c'est plus un goutte-à-goutte qui alimente une petite pile dont on ne sait si elle fut l'œuvre des paysans, des mineurs qui avaient percé des mines au XIXe siècle ou des muletiers qui empruntaient le chemin ancestral.
Son nom interroge Robert Pastor, l'occitaniste du cru, et nombre de Soubésiens : "miéja-sola" pourrait signifier à "mi-hauteur du sol", ou à "mi-soleil" puisque la source, orientée au couchant, n'est exposée au soleil que l'après-midi.
Un patrimoine à préserver
Ces ouvrages, souvent méconnus, témoignent du savoir-faire des anciens pour gérer l'eau dans une région où la ressource est précieuse. La sécheresse actuelle rappelle l'importance de ces captages traditionnels, qui pourraient inspirer des solutions pour l'avenir. * Tas de pierres retirées des sols de culture.



