Dix projets de restauration dans le Var ont bénéficié du Loto du patrimoine depuis 2018. Certains ont permis de sauver un édifice et de l'ouvrir au public, d'autres ont servi à financer des travaux d'étanchéité. Mais toutes les dotations offertes aux lauréats varois font des heureux.
Un dixième lauréat dans le Var : le Vieux-Pont de Vins-sur-Caramy
Le 31 août dernier, la petite commune de Vins-sur-Caramy, 936 habitants, a vu son vieux pont du XVIIe siècle devenir l'un des cent lauréats de l'édition 2026 du Loto du patrimoine. C'est le dixième projet varois à bénéficier de ce dispositif. Lancé il y a neuf ans par la Française des Jeux, « Mission patrimoine » a permis de soutenir financièrement plus de 1 000 projets de restauration de lieux et monuments à l'échelle nationale.
À Vins-sur-Caramy, le pont est fermé au public, « gravement fragilisé ». L'édifice a besoin d'être restauré et sécurisé afin de « permettre aux agriculteurs de rejoindre leurs parcelles situées de l'autre côté de la rivière et offrir une option d'itinéraire pour les secours incendie », indique la Fondation du patrimoine. Le chantier prévoit la consolidation des piles et des becs, la rénovation des trois arches voûtées, du tablier et des parapets.
Des dotations qui changent le destin des communes
Pour soutenir cette restauration, les tirages du loto s'échelonnent ce mois-ci, avec huit sessions prévues entre le 7 et le 21 septembre pour 2 millions d'euros de gains, et un super loto doté de 13 millions en bouquet final. Le dispositif est complété par des jeux à gratter.
La Fondation du patrimoine, incarnée médiatiquement par l'animateur télé Stéphane Bern, a soutenu 46 487 projets en 30 ans. Depuis 2017, elle a multiplié par 3,5 ses ressources courantes, qui ont atteint un niveau record de 168,1 millions d'euros en 2025, grâce notamment à des résultats historiques en matière de collectes de dons (32,6 millions) et au succès du Loto du patrimoine (29,2 millions).
Des projets varois qui aboutissent
Dans le Var, plusieurs des dix projets soutenus ont connu leur épilogue. La chapelle aux coquillages du Val a vu sa première tranche de travaux d'étanchéité financée et livrée en 2019 grâce à la dotation de la Fondation du patrimoine. Le pigeonnier de Brue-Auriac, primé en 2021, a accueilli ses premiers visiteurs en mars 2025. Haut de 22,50 mètres pour un diamètre de 12,43 mètres, il est considéré comme le plus grand d'Europe. En fonction, il pouvait accueillir jusqu'à 6 000 oiseaux, élevés pour leurs œufs, leur viande et leurs fientes utilisées pour fertiliser les terres du seigneur Georges Roux de Corse.
Le premier lauréat varois (2018), le Château du Castellas à Forcalqueiret, est toujours en pleins travaux. Une première phase a permis de sécuriser le logis qui menaçait de s'effondrer. Entamée l'an dernier, la deuxième a permis de refaire entièrement le toit terrasse, alors que les murs et façades sont confortés afin d'effacer plus de 1 000 ans de stigmates. Sur près de 2 millions de travaux, la Fondation du patrimoine a apporté son écot à hauteur de 160 000 euros (soit 8 %).
Un accélérateur pour les projets en cours
D'autres restaurations sont loin d'être achevées, comme le bastidon du domaine du Rayol, l'église anglicane de Costebelle à Hyères, ou l'Institut de biologie marine Michel-Pacha à La Seyne. Mais être lauréat est un accélérateur de particules hors pair. « Grâce au Loto du patrimoine, de la Mission et des mécènes, nous avons collecté plus de 200 000 euros » (sur une enveloppe globale de 530 000 euros), se félicitaient les élus lors de l'inauguration du moulin de l'Adrech restauré, en mars 2025 à La Garde-Freinet.
Du côté d'Hyères, la Ville espère la visite prochaine de Stéphane Bern, venu en voisin de sa résidence du Lavandou, pour mettre un gros coup de projecteur sur son église anglicane, désignée il y a deux ans. Si le loto plume le plus grand nombre, il met des paillettes dans les yeux de ceux qui rendent fierté et couleurs à notre patrimoine.



