Javols : la Société des lettres renoue avec deux siècles de fouilles
Javols : la Société des lettres et deux siècles de fouilles

La Société des lettres de Lozère a récemment organisé une visite à Javols, sur le site antique d'Anderitum, auquel son histoire est étroitement liée. Plusieurs de ses membres ont en effet participé aux nombreuses campagnes de fouilles menées au cours des deux derniers siècles. Cette visite s'inscrit dans une continuité historique remarquable, près de deux siècles après la découverte fortuite qui a lancé les recherches.

Une borne milliaire à l'origine des premières fouilles

Tout commence en 1828 avec la découverte fortuite d'une borne milliaire, lors de recherches de pierres destinées à restaurer l'église, sur la rive droite du Triboulin. Créée neuf ans plus tôt, la Société des lettres s'intéresse immédiatement à cette pièce et mène des campagnes dès 1829, 1830 et 1831. Joseph-Marie Ignon, son secrétaire perpétuel, est le premier à transcrire l'inscription portée sur cette borne cylindrique de plus de deux mètres.

Érigée dans la cité gabale sous le règne de l'empereur Postume, en 264 après J.-C., elle ne comporte aucune indication de distance. Il pourrait donc s'agir d'une borne zéro ou d'une borne dédicace. L'original est resté à Anderitum, tandis qu'un moulage a rejoint Mende. Cette borne constitue l'une des pièces maîtresses du musée ouvert en 1998.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une statue exceptionnelle exhumée en 1969

Les recherches se poursuivent ensuite à Javols, d'abord avec des archéologues amateurs éclairés, avant l'intervention d'équipes scientifiques. Parmi les membres de la Société des lettres qui participent à ces travaux figurent notamment Ignon, Moré, Mathieu, Delapierre, Costecalde, Balmelle et Morel. Le 23 août 1969, l'équipe de Pierre Peyre, alors nouveau président de la Société, réalise une découverte majeure.

Casimir Deltour met au jour, sur la rive gauche du Triboulin, les fragments d'une imposante statue. D'abord prise pour une représentation de Bacchus, elle ne sera formellement identifiée qu'en 1987 comme celle de Sylvain-Sucellus. À l'époque, Pierre Peyre avait convié sénateur, maire de Mende et élus locaux à célébrer la découverte au café Bergougnon.

Du grès rouge pour un dieu du monde celtique

Datée de 190 après J.-C., la statue représente le dieu des forestiers et des tonneliers avec ses attributs liés au travail du bois. Réalisée dans un grès rouge provenant probablement de Saint-Alban-sur-Limagnole, elle est présentée comme la plus grande représentation connue de cette divinité. Elle constitue, avec la borne découverte en 1828, l'une des pièces maîtresses du musée ouvert en 1998.

Près de deux siècles après la mise au jour de la borne et presque soixante ans après celle de la statue, la Société des lettres est ainsi revenue sur les traces de ceux qui ont contribué à révéler l'antique Anderitum. Cette visite marque un retour aux sources pour la société savante lozérienne, dont l'histoire est indissociable de ce site archéologique majeur.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale