Une découverte fortuite qui pourrait réécrire l'histoire
La télévision néerlandaise L1 nieuws rapporte une découverte archéologique exceptionnelle : un squelette a été mis au jour par hasard le mois dernier dans la nef de l'église Saint-Pierre et Paul de Wolder, un quartier périphérique de Maastricht aux Pays-Bas. C'est lors de travaux de rénovation que le sol s'est brusquement affaissé, révélant des ossements anciens.
Des indices troublants près de l'autel
Le diacre a immédiatement donné l'alerte, conscient que la position de la dépouille - à proximité immédiate de l'autel - représentait autrefois un honneur réservé aux élites et aux aristocrates. Les archéologues ont découvert avec le squelette une pièce de monnaie française datant du XVIIe siècle ainsi qu'une balle de mousquet, des éléments qui ont immédiatement suscité l'excitation de la communauté scientifique.
Le contexte historique de Wolder
Comme l'avait déjà révélé les recherches de l'historienne Odile Bordaz en 2008, c'est précisément dans cette localité de Wolder que Louis XIV et ses troupes avaient établi leur campement en 1673 lors du siège de Maastricht pendant la guerre de Hollande. Durant cette opération militaire, Vauban dirigeait les opérations et s'appuyait sur les unités d'élite des Mousquetaires, commandées par le célèbre D'Artagnan.
Le vieux capitaine, alors âgé d'une soixantaine d'années, avait mené l'assaut avec ses hommes avant de tomber le 25 juin 1673, frappé mortellement par une balle de mousquet hollandais. La nouvelle de sa mort avait provoqué une onde de choc jusqu'à Paris, affectant profondément le roi lui-même qui écrivit à la reine : « J'ai perdu D'Artagnan en qui j'avais la plus totale confiance et qui était bon à tous ».
Le mystère de la sépulture
Six jours après la mort de D'Artagnan, Maastricht tombait aux mains des Français. Mais qu'était devenu le corps du valeureux officier ? Selon les historiens, il aurait été ramené derrière les lignes françaises par ses troupes au prix d'un lourd sacrifice - quatre mousquetaires y auraient perdu la vie. En raison des fortes chaleurs estivales qui rendaient impossible un rapatriement vers la France, la dépouille aurait probablement été enterrée avec les honneurs dans la vieille église de Wolder, reconstruite depuis autour de l'ancien chœur.
En hommage à la bravoure de son capitaine, Louis XIV prit personnellement sous sa protection les deux fils de D'Artagnan et leur accorda une pension annuelle de 4000 Livres, témoignant de l'estime exceptionnelle du monarque pour son officier.
La prudence scientifique face à l'enthousiasme
L'archéologue Wim Dijkman, interrogé par la chaîne L1 nieuws, exprime à la fois son enthousiasme et sa prudence : « C'est une histoire incroyablement palpitante. Il s'agit de la plus grande célébrité dont le nom est lié à Maastricht. C'est effectivement un sujet d'ampleur mondiale », s'emporte-t-il avant d'ajouter : « Mais je suis un scientifique, et je ne dirai qu'il s'agit de D'Artagnan que quand j'en serai sûr. »
Une analyse scientifique est actuellement en cours dans un laboratoire spécialisé à partir d'une dent prélevée sur le squelette. Un échantillon d'ADN sera comparé au profil génétique des descendants actuels de l'ancien capitaine des Mousquetaires du roi, la famille de Batz Castelmore. Cette procédure méthodique permettra peut-être de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse qui passionne déjà les historiens et le grand public.
Les chercheurs devront encore patienter avant de pouvoir affirmer avec certitude s'il s'agit bien de la dépouille de Charles de Batz de Castelmore, plus connu sous le nom de D'Artagnan, dont la légende a traversé les siècles grâce aux romans d'Alexandre Dumas avant de devenir un personnage emblématique de l'histoire française.



