Le sable des arènes des Saintes-Maries-de-la-Mer a retenu son souffle, dimanche 3 août, pour la corrida d’adieux de Mehdi Savalli. Selon le compte rendu de Midi Libre, le maestro arlésien a été porté en triomphe à l’issue d’une tarde de près de deux heures quarante, devant une arène remplie aux deux tiers. Dans son habit « goyesque » étrenné il y a vingt ans pour son alternative, il a transformé son dernier rendez-vous en une fête aussi généreuse que chargée d’émotion.
Un adieu sous le signe de la coleta
La scène la plus forte s’est jouée dans le centre de la piste, quand son jeune fils Lino, muni d’une paire de ciseaux, a coupé la coleta de son père sous les larmes du maestro. Un geste rituel qui marque la fin d’un parcours chez les matadors et qui a provoqué des flots d’émotion sur les gradins. Avant cela, Mehdi Savalli avait affronté les deux toros des frères Gallon avec une envie palpable de ne pas décevoir, déroulant cape, banderilles et muleta avec une générosité qui a touché le public.
Le torero arlésien n’était pas seul sur le sable. Il a partagé l’affiche avec Antonio Ferrera, chef de lidia de la journée, et le novillero Victor. Tous trois ont été portés en triomphe aux côtés des éleveurs Michel et Jean-Pierre Gallon, dont le bétail était composé de toros pour la corrida et de novillos de La Golosina pour la novillada.
Antonio Ferrera, l’étincelle et la grâce
Antonio Ferrera a marqué la tarde de sa personnalité survoltée. Après une première intervention assez effacée face à un opposant de peu de caractère, il a haussé le ton au cours de la seconde partie. Sa faena face à « Poco facho », un toro de la ganadería Gallon, s’est transformée en un show spectaculaire, mêlant toréo et danse dans un style théâtralisé à l’extrême. Il a notamment assuré le tercio de piques, réduit à une rencontre unique, avant d’enchaîner des séries de muleta survitaminées qui ont électrisé le public.
L’apothéose est venue de la présidence : le mouchoir orange est apparu, synonyme de grâce pour l’animal. Le toro « Poco facho » a ainsi été épargné, un dénouement rare qui a couronné la démonstration d’Antonio Ferrera.
Victor, la mélodie en lenteur
En fin de cartel, Victor a proposé un registre radicalement différent. Venu en voisin, le novillero a composé des faenas dans un style apaisé, sans accélération, privilégiant la lenteur du geste et un sens évident de la mélodie. Une manière de clore la tarde sur une note plus douce après les excès très maîtrisés de Ferrera.
Le palmarès complet de la tarde
- Antonio Ferrera (hostie et or) : silence face à son premier adversaire, puis deux oreilles et la queue symboliques face à celui qui sera gracié.
- Mehdi Savalli (écume du golfe du Lion et noir) : une oreille puis une oreille, soit deux trophées pour ses adieux.
- Victor (lac de Constance et or) : deux oreilles puis une oreille, portant son total à trois trophées.
Au total, sept oreilles et une queue ont été coupées, soit huit trophées. Le quatrième toro de la tarde a également été honoré d’une vuelta posthume, un hommage rendu par le public. Cette corrida flamenca, disputée sous un ciel dégagé, restera dans les mémoires moins par son intensité artistique que par la charge émotionnelle libérée par les ultimes instants de Mehdi Savalli dans l’arène.



