« Soudain » : une ode profonde à la vie face à la fin
« Soudain » : une ode profonde à la vie face à la fin

Le film « Soudain », réalisé par le Japonais Ryusuke Hamaguchi et présenté en compétition au 79e Festival de Cannes, sort ce mercredi sur les écrans. Cette œuvre de 3 h 15, tournée à Paris, offre une réflexion profonde sur le sens de l'existence à travers le prisme de la fin de vie. Le long-métrage a valu à ses deux actrices principales, Virginie Efira et Tao Okamoto, le double prix d'interprétation féminine lors du festival.

Deux femmes face à la maladie et à la fin de vie

Le récit suit deux femmes confrontées à la maladie et à la fin de vie. D'un côté, une directrice d'Ehpad (incarnée par Virginie Efira) tente d'instituer une méthode de soins plus douce et plus respectueuse des patients, malgré les réticences du personnel et les impératifs budgétaires des actionnaires. De l'autre, une metteuse en scène japonaise (jouée par Tao Okamoto) s'accroche à l'existence malgré un cancer en phase terminale.

Comme dans « Drive My Car », qui avait reçu le prix du scénario au Festival de Cannes 2021, le réalisateur mise sur une rencontre impromptue pour faire avancer son histoire. Cette rencontre donne naissance à un film dense, à la fois lumineux et profond, même si certaines séquences peuvent paraître dispendieuses.

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Une invitation à repenser le bien-être collectif

À travers une adaptation littéraire d'un dialogue entre philosophe et anthropologues, Ryusuke Hamaguchi interroge avec intelligence et délicatesse le sens de la vie et la nécessité du bien-être ensemble. Les scènes, souvent empreintes de grâce et de poésie, révèlent par exemple que le toucher de la voûte plantaire peut être un moyen d'allègement du corps et d'élévation de l'esprit.

Le dialogue riche et l'amitié profonde entre les deux personnages principaux, combatifs mais fatigués, servent de trame et impriment le rythme du film, jusqu'à emporter l'adhésion du spectateur. Le long-métrage mêle drame social, réflexion métaphysique, brûlot politique et récit initiatique, suscitant tour à tour l'émotion, le sourire, l'apitoiement, et parfois un certain ennui.

Des moments didactiques qui alourdissent l'ensemble

Le cinéaste japonais assomme toutefois parfois son public avec des instants plus didactiques, comme une interminable charge contre le capitalisme, illustrée par des schémas sur tableau Velleda jusqu'au bout de la nuit. Ces passages contrastent avec la poésie du reste du film, qui reste une ode à la vie et à la résilience.

En définitive, « Soudain » se présente comme un reflet de la vie, dans toute sa complexité et ses contradictions. Le film, avec ses 3 h 15, offre une expérience cinématographique exigeante mais profondément humaine, portée par un duo d'actrices lumineuses.

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