Meta face à un procès à 1,4 Md$ pour addiction des mineurs
Meta face à un procès à 1,4 Md$ pour addiction des mineurs

Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, comparaît à partir de ce mardi devant un tribunal américain dans le cadre d'un procès de 1,4 milliard de dollars. La plainte, déposée par 42 États américains, accuse l'entreprise d'avoir délibérément conçu ses plateformes pour créer une addiction chez les mineurs.

Des accusations d'addiction délibérée

Les plaignants, menés par le procureur général du Colorado, Phil Weiser, affirment que Meta a utilisé des algorithmes pour maximiser le temps passé par les jeunes sur ses applications, au détriment de leur santé mentale. Selon la plainte, l'entreprise aurait ignoré les avertissements internes sur les dangers de ses produits pour les adolescents, et aurait même menti au public sur leur sécurité.

Cette affaire s'inscrit dans une série de poursuites similaires contre les géants de la tech, mais elle est l'une des plus importantes en termes de montant demandé. Les États réclament des dommages-intérêts pour les coûts de santé publique liés à la détresse psychologique des jeunes, ainsi que des mesures correctives pour protéger les mineurs.

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Un procès suivi de près par l'industrie

Le procès, qui se tient à Oakland, en Californie, devrait durer plusieurs semaines. Il intervient alors que Meta a déjà été condamnée en 2023 à payer 725 millions de dollars pour régler une affaire similaire concernant l'utilisation de données personnelles. Cette nouvelle affaire pourrait toutefois avoir des conséquences plus vastes, car elle pourrait forcer Meta à modifier ses pratiques commerciales.

Selon les avocats des plaignants, les documents internes de Meta montrent que l'entreprise était consciente des risques d'addiction chez les adolescents, mais qu'elle a choisi de privilégier la croissance de ses revenus publicitaires. Ils citent notamment des messages internes dans lesquels des employés évoquent la « boucle de rétroaction » créée par les algorithmes de recommandation.

Meta nie les accusations

De son côté, Meta a rejeté ces accusations, affirmant que ses plateformes sont conçues pour être sûres et que l'entreprise a investi massivement dans des outils de contrôle parental. Dans un communiqué, le groupe a déclaré que « les accusations des procureurs sont sans fondement » et que « les adolescents utilisent nos applications pour rester en contact avec leurs amis et découvrir de nouvelles choses ».

Le procès se déroule alors que la pression réglementaire s'intensifie aux États-Unis sur les réseaux sociaux. Plusieurs lois ont été adoptées dans différents États pour renforcer la protection des mineurs en ligne, et des auditions au Congrès ont mis en cause les dirigeants de Meta. Ce procès pourrait donc servir de test pour l'application de ces nouvelles règles.

Selon des analystes, si Meta est reconnue coupable, elle pourrait être contrainte de verser des dommages-intérêts substantiels et de modifier profondément ses algorithmes. Une décision pourrait également ouvrir la voie à d'autres actions en justice de la part d'individus ou de groupes de consommateurs.

En attendant, les 42 États demandent une injonction pour obliger Meta à mettre en place des mesures de protection immédiates, comme la limitation du temps d'écran pour les mineurs ou l'interdiction de certaines fonctionnalités jugées addictives.

Impact potentiel sur l'industrie

Ce procès est suivi de près par l'ensemble de l'industrie technologique, car il pourrait établir un précédent juridique important. Si la plainte aboutit, cela pourrait contraindre toutes les plateformes sociales à revoir leurs systèmes de recommandation et à intégrer davantage de protections pour les jeunes utilisateurs.

Les plaignants s'appuient notamment sur des études scientifiques montrant une corrélation entre l'utilisation intensive des réseaux sociaux et l'augmentation de l'anxiété et de la dépression chez les adolescents. Ils citent également des témoignages de familles affirmant que leurs enfants ont développé des troubles du sommeil ou des comportements compulsifs après avoir utilisé Instagram et Facebook.

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Meta, qui a déjà annoncé des mesures comme la suspension des comptes de mineurs après une heure d'utilisation, estime que ces actions démontrent sa bonne foi. Toutefois, les procureurs estiment que ces mesures sont insuffisantes et interviennent trop tard.

Le verdict du tribunal est attendu avec impatience, mais il est probable que le procès se prolonge et que les deux parties fassent appel. En attendant, les actions de Meta pourraient être affectées par l'issue de cette affaire, qui pèse déjà sur la réputation de l'entreprise.