« Shame » de Steve McQueen : plongée glaçante dans l'addiction sexuelle
« Shame » : l'addiction sexuelle selon Steve McQueen

Le réalisateur britannique Steve McQueen, artiste contemporain reconnu, signe avec « Shame » un deuxième long-métrage qui le consacre définitivement comme le peintre du corps dans tous ses états. Après « Hunger », qui retraçait la grève de la faim de Bobby Sands, McQueen s'attaque cette fois à l'addiction sexuelle avec une froideur radicale.

Un portrait sans concession

Brandon, interprété par Michael Fassbender, est un trentenaire célibataire, cadre supérieur à New York, prisonnier de ses pulsions. Il se méprise mais ne peut échapper à ses démons. McQueen décrit la honte ressentie par ce yuppie comme Fritz Lang traquait le mal dans « M le Maudit ». Le héros crucifié, à l'œil vide, est l'otage de ses corps à corps mécaniques, de son bureau dans une tour vitrée et de son appartement aux baies de verre.

Un regard cru et métaphorique

McQueen se défend de tout jugement moral. Il porte sur son personnage et sur l'univers glacial de la société de consommation un regard cru et métaphorique. La visite de Sissy, la sœur suicidaire de Brandon jouée par Carey Mulligan, fait surgir le spectre d'une enfance meurtrie dans une famille d'Irlandais catholiques, adoucissant à peine le tableau.

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Une œuvre puissante et magnétique

Parfois jugé chichiteux ou poseur à sa sortie, « Shame » impose pourtant son désespoir clinique, sa puissance esthétique et le talent d'un Fassbender magnétique et félin. Le film est une plongée glaçante dans les affres de l'addiction, portée par une mise en scène impeccable.

Diffusion ce mercredi 6 mai à 22h20 sur Ciné+ Festival, et disponible à la demande sur myCANAL. Drame britannique de Steve McQueen (2011), avec Michael Fassbender et Carey Mulligan. Durée : 1h39.

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