La chaleur avait ralenti les premiers pas du Festival des Fanfares. Mais ce samedi 13 juin en soirée, les Beaux-Arts ont retrouvé leur ferveur devant une foule compacte. Portée par la fanfare texane Minor Mishap Brass Band, cette 29e édition fait souffler un vent résolument américain sur Montpellier.
Une soirée sous le signe des cuivres
Sous un soleil écrasant, le quartier des Beaux-Arts paraissait moins dense qu'à l'accoutumée en début d'après-midi. Mais quelques heures plus tard, le constat n'est plus le même. Les rues sont désormais noires de monde et les cuivres vont résonner jusqu'au bout de la nuit. Le Festival des Fanfares a trouvé son rythme traditionnel. Et cette année, ce rythme a de forts accents américains.
Au détour d'une rue, les premières notes de la Minor Mishap Brass Band emportent le public. Venue du Texas avec une vingtaine de musiciens, la formation américaine apporte un souffle particulier à cette édition placée sous le signe du décalage et des métissages musicaux. Ici, les cuivres puisent autant dans l'héritage des brass bands de La Nouvelle-Orléans que dans le funk, le jazz de rue ou les sonorités festives qui font vibrer les parades américaines.
Une foule conquise
Derrière eux, la foule suit naturellement le mouvement. Des centaines de personnes s'agglutinent aux carrefours, occupent les terrasses, dansent au milieu des rues devenues piétonnes le temps du festival. Les pavillons des trombones et des soubassophones brillent sous les éclairages du soir tandis que les percussions imposent leur cadence. On ne sait plus vraiment où commence la scène ni où s'arrête le public. C'est toute la force du rendez-vous montpelliérain.
Depuis près de trois décennies, le festival transforme les Beaux-Arts en immense terrain de jeu musical. Mais cette édition semble regarder un peu plus vers l'ouest. Vers ces fanfares américaines qui ont fait du brass band un spectacle total, populaire et irrésistiblement dansant.
Une tradition renouvelée
À mesure que la nuit avance, les inquiétudes liées à la chaleur de l'après-midi s'effacent complètement. Les rues débordent désormais de spectateurs. Les cuivres rugissent, les percussions martèlent le pavé et Montpellier retrouve l'une de ses plus belles traditions populaires : une fête de quartier devenue, le temps d'un week-end, une véritable parade à l'américaine.
Cette édition 2026, qui se déroule du 12 au 14 juin, marque également une étape vers le trentième anniversaire du festival. Les organisateurs ont misé sur une programmation internationale, avec des groupes venus des États-Unis, mais aussi d'Europe et d'ailleurs. La Minor Mishap Brass Band, avec son énergie débordante et ses arrangements originaux, a su captiver un public intergénérationnel.
Le festival ne se limite pas aux concerts : des ateliers, des déambulations et des animations pour les enfants sont également proposés tout au long du week-end. Les rues du quartier des Beaux-Arts, habituellement calmes, se transforment en un vaste espace de fête où la musique est reine. Les commerçants et les riverains jouent le jeu, ouvrant leurs terrasses et leurs fenêtres pour profiter du spectacle.
Pour les amateurs de fanfares, Montpellier est devenu un rendez-vous incontournable. Avec cette déferlante américaine, le festival prouve une fois de plus sa capacité à se renouveler tout en restant fidèle à son esprit d'origine : une fête populaire, gratuite et ouverte à tous.



