Cyclisme : la « sorcière aux dents vertes » hante le Tour de France
Cyclisme : la sorcière aux dents vertes hante le Tour

Il fut un temps où les champions cyclistes étaient affublés de surnoms hauts en couleur. Du « Vieux Gaulois » Eugène Christophe, qui forgea sa légende au pied du Tourmalet en réparant sa fourche brisée à Sainte-Marie-de-Campan, au « Blaireau » Bernard Hinault, en passant par l'« Ange de la montagne » Charly Gaul ou le « Cannibale » Eddy Merckx, ces sobriquets faisaient partie de la chanson de geste de la course cycliste.

Des surnoms qui racontent une époque

Les surnoms étaient narrés par des journalistes troubadours à une époque où les retransmissions télévisées étaient encore balbutiantes. Lorsque les images ont commencé à détrôner le verbe, la coutume s'est effilochée comme les maillots en laine du temps jadis. À quelques exceptions près — le « Requin de Messine » pour Vincenzo Nibali dans les années 2010 — les surnoms ont perdu de leur superbe. Ainsi Laurent Jalabert devint-il « Jaja » au sommet de sa gloire ; aujourd'hui, Tadej Pogačar est familièrement appelé « Pogi ». On aurait préféré l'« Ogre slovène », métaphore de l'insatiable soif de victoires de ce nouveau cannibale.

Les expressions imagées en voie de disparition

Les expressions imagées, sublimées par les plumes d'Antoine Blondin ou de Pierre Chany, sont également sur la mauvaise pente. De nos jours, le coureur « n'astique plus les rivets de la selle » (lorsqu'il est à la peine et qu'il reste assis à l'avant de la selle), les selles modernes ne comportant plus de rivets comme celles en cuir du temps jadis. Dans la même veine, « passer par la fenêtre », lorsqu'il est irrémédiablement lâché, est passé de mode.

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L'influence anglo-saxonne et le money time

L'influence anglo-saxonne imprime désormais sa marque. Au risque de choquer les puristes, comme lorsqu'un commentateur à la télévision évoque le money time, quand la course entre dans les derniers kilomètres décisifs, terme emprunté au basket américain. Alors que le Tour de France fait halte ce jeudi en Région Sud, à Orcières Merlette, station des Hautes-Alpes, il nous revient en mémoire cette autre expression tombée aux oubliettes : « voir la sorcière aux dents vertes ».

La sorcière aux dents vertes : une malchance redoutée

Formons le vœu que la sorcière ne frappe pas dans la montée finale vers Orcières ! Une malchance comme celle qui s'est abattue dimanche sur Jonas Vingegaard ou ce mardi sur Florian Lipowitz, contraints à l'abandon à la suite d'une chute. Selon les commentateurs, cette expression désigne une chute ou un incident imprévu qui anéantit les espoirs d'un coureur. Le Tour de France, avec ses étapes de haute montagne, reste le théâtre de ces drames où la sorcière rôde.

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