Trois jeunes femmes condamnées pour un trafic de drogue ubérisé à Montpellier
Trafic de drogue ubérisé : trois jeunes femmes condamnées à Montpellier

Ce lundi, le tribunal judiciaire de Montpellier a condamné trois jeunes femmes âgées de 23 à 26 ans à une peine de trente-six mois d’emprisonnement, dont vingt-quatre mois de sursis simple, soit un an ferme. Elles étaient poursuivies pour avoir participé, entre avril et juin 2026, à un important trafic de stupéfiants comprenant résine et herbe de cannabis, kétamine et cocaïne. Le réseau, qui rayonnait sur Montpellier et sa métropole, avait recruté ces « petites mains » via les réseaux sociaux, notamment Telegram et Snapchat.

Un recrutement via les réseaux sociaux et des logements servant de planques

Les trois prévenues, sans antécédent judiciaire et non consommatrices, ont expliqué avoir été contactées par des « mauvaises fréquentations » ou via des annonces en ligne. Elles louaient leur appartement situé avenue de Palavas comme lieu de stockage et de découpe des stupéfiants. Les livraisons aux clients étaient effectuées en voiture, après commande sur une messagerie cryptée. En échange, elles percevaient un loyer de 500 euros par mois pour la mise à disposition du logement, et 10 euros par transaction réalisée, ce qui pouvait leur rapporter jusqu’à 3 000 euros mensuels pour une dizaine de ventes quotidiennes.

L’une des prévenues a déclaré à la barre : « On n’avait pas de rapports personnels, c’étaient des messages sur Snapchat. Je n’ai aucune idée des personnes qu’il y avait au-dessus de moi, je n’ai pas cherché à savoir. » Cette organisation illustre ce que les avocats de la défense ont qualifié d’« ubérisation du trafic de stupéfiants », où les participants sont des fusibles faciles à remplacer.

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Un démantèlement après une enquête de deux mois

L’enquête, menée par la brigade des stupéfiants, a débuté le 17 avril 2026 suite à un renseignement anonyme. Les filatures ont permis de découvrir le mode opératoire : livraison des produits près des domiciles, préparation des commandes, vente sur plusieurs points de la ville, puis remise d’enveloppes d’argent à un individu identifié comme une figure du narcotrafic local, mais non mis en cause dans cette procédure. Le coup de filet du 2 juin a permis de saisir plusieurs kilos de résine, de l’herbe, de la cocaïne et de la kétamine, d’une valeur totale estimée à 79 000 euros.

Les trois jeunes femmes ont reconnu les faits en garde à vue, exprimant des remords mais aussi la peur de représailles. « On a peur des représailles », a lancé l’une d’elles à l’audience. Le parquet avait requis deux ans de prison dont un an ferme aménageable, mais le tribunal a alourdi la peine à un an ferme sans aménagement. Un livreur à scooter, interpellé le jour du coup de filet avec de la résine, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Des profils « sans histoire » exploités par les réseaux

Pour le parquet, ces condamnations traduisent « une évolution des profils des trafiquants, une mutation des trafics. Il y a une espèce d’insouciance, de légèreté mais elles entrent dans un système dangereux ». Me Jean-Baptiste Mousset, avocat de l’une des prévenues, a souligné que « ce sont des fusibles faciles à faire sauter » et s’est interrogé sur les motivations de l’auteur du renseignement anonyme : « On dénonce parce que c’est peut-être un concurrent. » Sa consœur, Me Charline Vatier, a ajouté : « L’argent facile est entré dans la philosophie des jeunes adultes. Ce sont des gens exploités, parfaitement interchangeables. »

L’une des prévenues a admis avoir réalisé un bénéfice de 1 000 à 1 500 euros sur trois mois grâce à la location de son appartement. Ces chiffres montrent l’attrait financier pour des jeunes en difficulté, mais aussi la précarité de leur situation face à des réseaux bien établis. Cette affaire met en lumière une nouvelle facette du narcotrafic à Montpellier, où des jeunes sans histoires sont recrutés comme petites mains, via des méthodes de recrutement modernes et des messageries cryptées.

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