Lambert Wilson : « Je me considère comme un musicien » avant son concert à Ramatuelle
Lambert Wilson se produit à Ramatuelle : un concert France-USA

Lambert Wilson, figure incontournable du cinéma français et plusieurs fois nommé aux Césars, cultive en parallèle une carrière musicale exigeante. À quelques jours de son concert aux Nuits de Ramatuelle, le 31 juillet, il revient sur cette passion qui occupe une place essentielle dans sa vie.

Un rendez-vous régulier et ancien

Pourquoi avoir choisi de participer aux Nuits de Ramatuelle ? « C’est un rendez-vous très régulier et ancien dans ma vie – j’aime beaucoup y aller. Ça fait un moment maintenant que je n’y suis pas revenu et quand j’ai eu la possibilité de faire ce concert-là, ça me paraissait une bonne occasion pour venir célébrer cet endroit que j’adore. J’ai toujours vécu des moments très forts ici », confie Lambert Wilson.

Un moment qui l'a particulièrement marqué ? « Le dernier spectacle que j’avais présenté s’est terminé sous la pluie. On a pu faire à peine un tiers du spectacle, avant d’être obligé de renoncer. C’était notre dernière de la tournée donc on avait besoin de faire cette représentation quand même, pour se dire au revoir. On s’est tous rendus dans un restaurant et le public nous a suivis – donc, on a fini le spectacle dans le restaurant ! »

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Un cadre intimiste propice à l'énergie

Comparé aux grandes scènes, quel est l'avantage d'un concert dans un cadre aussi intimiste ? « J’ai une théorie sur ça. Il faut que les gens soient un peu serrés les uns contre les autres pour qu’il y ait une énergie qui circule latéralement – comme, justement, à Ramatuelle ! Alors que le pire, c’est lorsque les gens sont séparés les uns des autres par des fauteuils larges, isolés les uns des autres. »

Lambert Wilson partagera la scène avec le pianiste et arrangeur Bruno Fontaine et le clarinettiste Pierre Génisson. « J’ai rencontré Bruno Fontaine il y a plus de 35 ans et on ne s’est pas lâchés depuis – j’ai fait pratiquement tous mes spectacles avec. Lui, en parallèle, a une collaboration avec le grand clarinettiste Pierre Génisson, avec qui il a fait plusieurs albums, dont le dernier Songbook, autour du jazz américain. Ils ont demandé à quelques chanteurs d’y participer, dont moi, et c’est à partir de cette collaboration qu’on a mis sur pied ce concert à trois. »

Un programme qui unit la France et les États-Unis

Le programme unit la France avec les États-Unis. Quel lien entre ces deux univers musicaux ? « Dès qu’on parle du jazz, on est systématiquement des deux côtés de l’Atlantique. Il y avait un appétit des Américains pour l’enseignement français et la vie parisienne. Et en même temps, la musique américaine attirait les compositeurs français, dont Michel Legrand, Édith Piaf, ou Yves Montand. Donc il y a vraiment, plus qu’entre d’autres pays, un lien entre la France et l’Amérique, surtout autour de la notion du jazz. »

Y a-t-il des chanteurs qui le marquent particulièrement ? « Pour ce spectacle, j’ai voulu m’attaquer à un répertoire qui a été défendu par Barbra Streisand, dont des chansons écrites par Michel Legrand. Il y a peu d’hommes qui osent s’attaquer aux chansons de Streisand, mais ça ne me fait pas peur. L’autre héros serait Frank Sinatra, parce qu’en plus d’être une voix d’or, c’est un très bon acteur. Et donc, il y a certains titres de Sinatra que j’aimerais éventuellement pouvoir chanter. Je m’en approche un tout petit peu – il y en aura un à Ramatuelle, « The Lady is a Tramp ». »

Une passion pour la musique née à Londres

D’où lui vient cette passion pour la musique ? « Lorsque je faisais mes études de théâtre à Londres, on avait des études de musique, et on montait aussi bien des présentations de chansons que des numéros de comédies musicales – et j’adorais ça. Je pense que si mon père [l’acteur, metteur en scène, réalisateur et directeur de théâtre Georges Wilson] avait été un peu plus psychologue, il aurait pu déchiffrer en moi ce qui m’attirait vraiment vers la scène – la musique, plutôt que l’acteur à l’état pur. »

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« Mes plus beaux souvenirs d’acteur sont liés à l’expérience musicale », ajoute-t-il. Alors, plus de musique et moins de films dans l’avenir ? « Je ne sais pas ce que le futur me réserve, mais je suis un peu moins attiré par la compétition du cinéma. Tout ça, j’ai donné, j’ai été très ambitieux, et je n’ai pas envie de courtiser ce milieu pour y garder ma place. J’ai envie de jouer, oui, mais ce n’est pas la même obsession qu’avant – j’ai d’autres sujets d’intérêt. Cela étant dit, je me suis récemment remis à l’épreuve du jeu pur, c’est-à-dire celui du théâtre. »

Fin des préjugés entre acteur et chanteur

Pense-t-il qu’il existe encore des préjugés envers les acteurs qui se lancent dans le chant ? « La condescendance était là au début. Maintenant, il peut y avoir encore de l’ignorance, surtout chez le grand public, mais j’ai fait mes preuves dans des répertoires difficiles – par exemple, j’ai chanté à La Scala de Milan dans Candide de Leonard Bernstein, qui était une des choses les plus difficiles que j’ai eue à faire de toute ma carrière. L’époque de « mais vous êtes acteur ou vous êtes chanteur ? » a disparu et personnellement, je me considère comme un musicien. »

Lambert Wilson se produira aux Nuits Classiques de Ramatuelle le vendredi 31 juillet à 21h30. Renseignements sur le site du festival.