Ce mardi 13 octobre au soir, l'Opéra-Comédie de Montpellier accueille pour la première fois un groupe de rock psychédélique chamanique coréen. Le quatuor Chudahye Chagis, mené par la vocaliste traditionnelle Chu Dahye, propose un concert intitulé « A Shamanic funky night », qui croise chamanisme et funk. Cet événement marque le début d'une série de rendez-vous avec les musiques coréennes organisés par l'Opéra-orchestre national de Montpellier, dans le cadre des 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la République de Corée.
Un concert inédit dans une saison dédiée à la Corée
L'Opéra-orchestre national de Montpellier met cette saison à l'honneur les musiques et sonorités coréennes. Ce mardi, c'est donc avec le groupe Chudahye Chagis que débute la série de rendez-vous avec les musiques coréennes, à l'Opéra-Comédie. Initialement, la première délégation coréenne devait être accueillie à l'occasion de Carmina Burana, mais l'événement a été annulé en raison de l'insalubrité du Corum. C'est donc le Goyang Festival Choir, référence nationale pour les productions lyriques, qui devait être le renfort nécessaire à l'exécution de l'œuvre de Carl Orff.
Un groupe aux racines chamaniques et pop
Formé en 2019, le quatuor Chudahye Chagis est conduit par Chu Dahye, une authentique sorikkun (vocaliste traditionnelle coréenne). Son répertoire puise ses origines dans le seodo minyo, la musique traditionnelle du nord de la Corée, plus précisément dans les régions de Pyongan et Hwanghae, ainsi que dans celui de l'île de Jeju, dans le sud. C'est en assistant à un gut, un rituel chamanique typiquement coréen, que Chu Dahye s'est passionnée pour le muga, le chant chamanique. Après avoir été la chanteuse du groupe SsingSsing pendant huit ans, elle a créé sa propre formation avec trois jeunes musiciens aux influences différentes.
Un pont entre passé et présent
« La musique chamanique coréenne porte en elle des messages de guérison transmis au fil du temps et profondément enracinés dans la tradition, ainsi qu'une sensibilité coréenne bien particulière, explique la chanteuse dans un entretien pour l'orchestre. Nous nous considérons comme un pont entre le passé et le présent, en faisant entrer dans le langage et les sonorités d'aujourd'hui une musique qui appartenait autrefois au passé. »
Chu Dahye multiplie les acrobaties vocales propres au chant chamanique, comme des modulations amples ou hachées, des voix de poitrine et de gorge, des cris, du chanté-parlé. Son guitariste, son bassiste et son batteur circulent avec virtuosité entre inspirations soul, funk, reggae, pop et rock planant. En résulte un rock psychédélique d'une étrangeté fascinante, à la fois incantatoire et envoûtant, sauvage et raffiné.
D'autres rendez-vous avec la Corée
Après ce concert, l'Opéra-orchestre national de Montpellier renouera avec la Corée le 1er novembre, pour la rencontre vocale entre Opéra-Junior et le Busan Metropolitan Junior Chorus. Le 10 novembre, le public découvrira la beauté aristocratique du geomungo, la cithare reine de Corée, grâce à la virtuose reconnue Heo Yoon-jeong. Enfin, les 20, 21 et 22 novembre, sera présenté pour la première fois en France Hwajeango, un opéra contemporain d'Uzong Choe, mis en scène par Youngdoo Jung et porté par des voix de femmes. Cet opéra évoque un fragile moment de félicité à la veille de la guerre de Corée, en 1950.