Thierry Lhermitte sera seul sur la scène d’Anthéa, à Antibes, ces mardi 13 et mercredi 14 octobre, pour y jouer « La Rencontre », une création du philosophe Charles Pépin adaptée de son essai homonyme paru en 2021. Le comédien de 73 ans, connu pour ses rôles dans la troupe du Splendid, y explore les rencontres qui ont marqué sa vie, avec des textes de Flaubert, Cohen, Zweig, Proust ou Bartabas.
Un projet né d’une discussion avec Steve Suissa
« C’est mon ami Steve Suissa qui m’a demandé si je voulais discuter avec Charles Pépin, pour éventuellement faire quelque chose ensemble. J’écoutais son émission l’été, donc j’ai dit oui. C’était aussi simple que ça », raconte Thierry Lhermitte. Le metteur en scène Steve Suissa, avec qui il avait déjà collaboré pour « Fleurs de soleil », a dirigé cette nouvelle pièce, créée en juillet dernier lors du Festival off d’Avignon.
Adapté d’un essai philosophique, le spectacle a d’abord pris la forme d’une lecture. « Charles Pépin en doutait, on va dire. On a commencé par une lecture, pour voir ce que ça donnait. Et puis ça s’est transformé en spectacle », explique le comédien. Le résultat mêle des textes littéraires, des poèmes, des dialogues de films et des paroles de chansons, pour interroger ce qu’est une rencontre, comment elle intervient et ce qu’elle nous apporte.
Une rencontre décisive au lycée Pasteur
Dans le propos qui sert à présenter la pièce, Thierry Lhermitte affirme : « Avant de rencontrer Christian Clavier, Michel Blanc et Gérard Jugnot sur les bancs du lycée Pasteur, rien ne m’intéressait. Aujourd’hui, tout m’intéresse. » Interrogé sur une possible rencontre manquée avec lui-même, il répond : « À une certaine époque, plus jeune, ça aurait pu être le cas. Quand on ne sait pas trop ce qu’on veut faire et que tout d’un coup il y a une rencontre, la vie s’ouvre devant nous. »
Le goût du théâtre n’est pourtant pas venu immédiatement. « Non pas vraiment, c’était juste pour être avec eux. Franchement, je crois que s’ils avaient aimé faire des pizzas, on aurait ouvert une pizzeria ensemble… J’y ai trouvé mon bonheur plus tard, avec le Splendid, à l’époque du Café de la gare », confie-t-il. Depuis une dizaine d’années, il joue environ une année sur deux au théâtre, quand des sujets intéressants se présentent.
Le seul en scène, un exercice finalement apprécié
Avant « Fleurs de soleil », Thierry Lhermitte n’avait jamais envisagé de se lancer dans un seul en scène. « Je me disais que j’allais m’ennuyer, que ça allait me foutre les jetons. Et puis j’ai trouvé vraiment de la fierté à faire Fleurs de Soleil », avoue-t-il. Avec « La Rencontre », il découvre un sujet « plus joyeux » et trouve « du plaisir à partager un truc sympa avec les gens ».
Parmi les personnes qu’il aurait aimé connaître davantage, il cite Nelson Mandela, « une personne que j’admire », et Jean Poiret, avec qui il a tourné « Le Zèbre ». Il évoque aussi Bertrand Tavernier, « une rencontre professionnelle extrêmement importante », qui a engagé la troupe du Splendid au cinéma alors qu’elle débutait à peine. « C’était un bonheur de jeu tous les jours, j’aurais aimé continuer ce petit voyage avec lui », regrette-t-il.
Un hommage à Tsilla Shelton, leur professeur d’art dramatique
Dans un encadré consacré à Tsilla Shelton, décédée en 2012 à 93 ans, Thierry Lhermitte rend hommage à celle qui fut « Tatie Danielle » au cinéma et qui a enseigné l’art dramatique à Jugnot, Blanc, Clavier, Chazel et lui-même. « On a eu la chance de l’avoir comme prof particulier pendant deux ans, tous les jours. C’était vraiment dingue parce que dans les cours de théâtre, si vous êtes vraiment assidus, vous passez une scène par semaine, grand maximum », se souvient-il. Il ajoute : « Pour Tsilla, ce qui comptait quand on jouait la comédie, c’était le sens de ce qu’on disait. L’émotion devait venir du sens, écrit ou pas. Il fallait qu’on soit au service du texte plutôt qu’au service de soi-même, pour récolter des félicitations ou des applaudissements. »
Le comédien sera également à l’affiche de « Maudits Français », une comédie d’Émile Gaudreault et Guy Laurent avec Lambert Wilson, Suzanne Jouannet et Anne Consigny, prévue pour le 24 février 2027. « C’était vraiment un gros plaisir, du haut niveau, avec un scénario sympa. Une famille populaire québécoise vient en France pour le mariage de son fils avec une fille d’un milieu un peu noble, désargenté. Le conflit de cultures est très marrant. Moi, je me suis régalé dans un rôle d’oncle réac’ », commente-t-il. Les représentations à Anthéa auront lieu mardi 12 à 20 h et mercredi 13 octobre à 20 h 30, avec des tarifs allant de 13 à 44 euros.