Mercredi 8 juillet, dans le cadre du 41e Festival Radio-France de Montpellier, le saxophoniste américain Charles Lloyd, 88 ans, a livré un concert d'exception à l'amphithéâtre d'O. Devant un public nombreux, le musicien a offert une heure trente de musique d'une beauté rare, malgré une chaleur accablante.
Un maître du jazz entouré de jeunes talents
Charles Lloyd est apparu sur scène vêtu de lin, coiffé d'un bob et portant de petites lunettes rondes de soleil. Dès son entrée, il a imposé une autorité tranquille. Il était accompagné de musiciens remarquables : Harish Raghavan à la contrebasse, Kweku Sumbry à la batterie et le pianiste Gerard Clayton. Ce dernier, qualifié d'éblouissant, s'inscrit dans la lignée des grands pianistes avec lesquels Lloyd a collaboré, tels que Keith Jarrett, Michel Petrucciani, Brad Mehldau ou Jason Moran.
Un blues méditatif comme sommet de la soirée
Le concert a débuté par un premier morceau en mid-tempo, permettant au public de s'imprégner du souffle liquide du saxophone ténor. Puis, Gerard Clayton a introduit au piano un blues lent et méditatif, décrit comme l'un des sommets de la soirée. Ce morceau plongeait directement dans le noyau ardent de la condition humaine, selon les spectateurs. Le saxophone de Lloyd, au son moelleux et liquoreux, offrait une consolation face à la déréliction ontologique.
Un répertoire varié et une flûte traversière
Après ce blues, un thème plus rythmé a mis en valeur les talents des complices de Lloyd, ainsi que ses propres capacités de danseur assis : sautillements des épaules, jeté de coude vers l'avant et dodelinement de la tête. Lloyd est ensuite passé à la flûte traversière, dont les sonorités délicates ont ajouté une dimension spirituelle aux deux morceaux suivants, un mid-tempo et un rapide.
Deux rappels et un standard réinventé
Après cinq morceaux, le public pensait le concert terminé, mais le vieux maître avait encore deux cartes dans sa manche. Un nouveau morceau sentimental a permis à Gerard Clayton de livrer un chorus transformant le plomb climatique en or atmosphérique. En dernier rappel, Charles Lloyd a offert une reprise du standard absolu Go Down Moses, agrémenté d'un solo sensationnel, qualifié de coltranien mais bien lloydien.
Un concert à réécouter sur France Musique
Ce concert, qui restera dans les mémoires, sera diffusé le 9 août sur France Musique. Selon Jérémy Bernède, journaliste à Midi Libre, Charles Lloyd a dansé, et c'était merveilleux. Le 41e Festival Radio-France se poursuit avec une programmation riche, incluant notamment l'opéra Tristan et Isolde de Wagner.



