Justice : Booba récupère 40 millions d'euros saisis sur ses droits d'auteur
Booba récupère 40 millions d'euros saisis

La cour d'appel de Paris a annulé, le 8 juillet 2026, la saisie conservatoire de 40 millions d'euros que l'influenceuse Magali Berdah avait obtenue sur les droits d'auteur du rappeur Booba. Cette décision intervient dans le cadre du litige qui oppose les deux personnalités depuis plusieurs années, Booba étant accusé de harcèlement en ligne à l'encontre de Magali Berdah.

Une saisie annulée pour vice de procédure

Selon l'arrêt de la cour d'appel, la saisie conservatoire ordonnée en première instance était entachée d'un vice de procédure. Les juges ont estimé que les conditions légales pour une telle mesure n'étaient pas réunies, notamment en raison de l'absence de preuve suffisante d'un péril imminent pour le recouvrement de la créance alléguée par Magali Berdah. L'influenceuse réclamait cette somme au titre de dommages et intérêts pour le préjudice moral et économique subi du fait du harcèlement.

Booba, de son nom civil Élie Yaffa, a salué cette décision sur les réseaux sociaux, évoquant une « victoire de la justice ». Son avocat, Me Jean-Baptiste Delcour, a déclaré : « Cette annulation confirme que les mesures conservatoires ne peuvent être utilisées de manière abusive pour faire pression sur une partie dans un litige. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un conflit judiciaire de longue date

Le conflit entre Booba et Magali Berdah, fondatrice de l'agence d'influenceurs Shauna Events, a débuté en 2021. Le rappeur a multiplié les publications sur Instagram et Twitter qualifiant Magali Berdah de « reine des escrocs » et l'accusant de pratiques frauduleuses dans le milieu des influenceurs. Magali Berdah a porté plainte pour harcèlement moral, menaces de mort et injures publiques.

En avril 2025, le tribunal judiciaire de Paris avait condamné Booba à verser 500 000 euros de dommages et intérêts à Magali Berdah pour harcèlement, une décision dont le rappeur a fait appel. Parallèlement, Magali Berdah avait obtenu en référé la saisie conservatoire de 40 millions d'euros sur les droits d'auteur de Booba, mesure qui vient d'être annulée.

Les conséquences pour les parties

Cette décision de la cour d'appel ne met pas fin au litige au fond. Le procès en appel sur le fond de l'affaire de harcèlement doit se tenir en 2027. En attendant, Booba retrouve la libre disposition de ses droits d'auteur, qui étaient bloqués depuis plusieurs mois. Selon des sources proches du dossier, cette somme représente une part significative des revenus du rappeur, qui perçoit des royalties sur ses albums et ses concerts.

Magali Berdah, de son côté, a indiqué par l'intermédiaire de son avocate qu'elle allait se pourvoir en cassation. « Cette décision est une déception, mais nous continuerons à nous battre pour que la justice reconnaisse le préjudice subi par Magali », a déclaré Me Sarah Dupont.

Un précédent dans le droit des influenceurs

Cette affaire est suivie de près par les professionnels du droit des médias et des influenceurs. Elle illustre les tensions croissantes entre personnalités publiques et influenceurs, et pose la question de la proportionnalité des mesures conservatoires dans les litiges pour harcèlement en ligne. Selon un expert juridique interrogé par Le Monde, « cette décision rappelle que les droits d'auteur sont des biens protégés et que leur saisie ne peut être ordonnée à la légère ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale