Le nombre d'admis aux concours de recrutement des enseignants a bondi de près de 50% en 2025 par rapport à l'année précédente, une progression historique qui suscite des interrogations sur le niveau des candidats. Selon les chiffres dévoilés par le ministère de l'Éducation nationale, 15 200 postes ont été pourvus, contre 10 200 en 2024, soit une augmentation de 49%.
Une hausse sans précédent
Cette augmentation spectaculaire s'explique en partie par la baisse du niveau d'exigence du concours, dénoncée par les syndicats enseignants. « On assiste à un véritable nivellement par le bas », a déclaré Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU. « Le nombre de candidats a certes augmenté, mais les critères de sélection ont été assouplis pour atteindre les objectifs de recrutement fixés par le gouvernement. »
Le ministère de l'Éducation nationale a indiqué que cette hausse était rendue nécessaire pour faire face à la pénurie d'enseignants dans plusieurs disciplines, notamment les mathématiques, les lettres et les langues. « Nous avons besoin de recruter massivement pour garantir la continuité pédagogique », a déclaré le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, dans un communiqué.
Des disparités selon les disciplines
Les chiffres montrent des écarts importants selon les matières. En mathématiques, le nombre d'admis a bondi de 65%, tandis qu'en lettres modernes, il a augmenté de 42%. En revanche, dans les disciplines où la pénurie est moins aiguë, comme l'histoire-géographie, la hausse est plus modérée, à 28%.
Cette situation a des conséquences directes sur le niveau des élèves, selon les associations de parents d'élèves. « Un enseignant moins bien formé, c'est un enseignement de moindre qualité », a averti la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE).
Un débat sur la formation
Le gouvernement a annoncé un plan de renforcement de la formation continue pour compenser ces recrutements moins sélectifs. « Nous allons investir 100 millions d'euros supplémentaires dans la formation des enseignants », a précisé le ministère. Une mesure jugée insuffisante par les syndicats, qui réclament un retour à un concours plus exigeant.
« Cette politique de recrutement de masse est un aveu d'échec », a affirmé Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU. « On forme des enseignants à la va-vite, et ce sont les élèves qui en pâtiront. »
En attendant, les académies les plus touchées par la pénurie, comme Versailles et Créteil, ont vu le nombre d'admis augmenter de plus de 60%. Une tendance qui devrait se poursuivre dans les années à venir.



