Béziers : ascenseur en panne, locataires à bout dans la résidence Gambetta
Béziers : ascenseur en panne, locataires à bout

Six mois sans ascenseur pour des résidents âgés et invalides

Dans la résidence Gambetta, à Béziers, la situation est devenue intenable pour plusieurs locataires. L'ascenseur est en panne depuis six mois, selon les habitants, tandis que le bailleur social OPH Béziers Méditerranée ne reconnaît que cinq arrêts techniques depuis février. Bernadette Monteils, 83 ans et invalide à 90 %, n'a pas quitté son appartement du deuxième étage depuis un semestre. « Je suis à bout », confie-t-elle, expliquant que descendre les escaliers est impossible. Sa rééducation respiratoire est compromise, et elle dépend des services de secours pour ses déplacements indispensables. Une autre locataire octogénaire au troisième étage vit un isolement similaire, ne voyant que les ambulanciers une fois par mois.

Dégradations et incivilités à répétition

Les parties communes de l'immeuble, pourtant réhabilitées il y a un an par l'OPH, sont déjà vandalisées : boîtes aux lettres fracturées, interphone désossé, vitrages brisés. Les locataires pointent du doigt une famille occupant un appartement au quatrième étage, accusée d'incivilités récurrentes. Les tentatives de dialogue échouent en raison de la barrière de la langue et des tensions. Un habitant du deuxième étage s'exaspère : « On est obligé de nettoyer nous-mêmes l'urine et le vomi pour pouvoir vivre dignement. »

L'OPH se dit démuni et conditionne une procédure d'expulsion

Face à cette situation, l'OPH Béziers Méditerranée annonce le déploiement d'une chargée de mission et d'une assistante sociale pour soutenir les quatre résidents les plus vulnérables. Sur le plan juridique, la directrice générale Bénédicte Rajnic et le directeur général adjoint Dimitri Sopenac se déclarent démunis. Une sommation d'huissier délivrée à la famille mise en cause est restée sans effet. « On n'est pas force de police, on est bailleur, c'est tout. Nous démarrerons une procédure au tribunal envers la famille si nous obtenons des preuves écrites », explique la direction. Ainsi, l'OPH conditionne toute procédure d'expulsion à la production de pétitions nominatives et d'attestations sur l'honneur par les habitants.

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Hausse des charges et sentiment d'abandon

Les locataires dénoncent également une hausse des charges locatives. L'OPH nuance, chiffrant l'augmentation des frais d'entretien à 7,4 % en deux ans, soit 91 centimes d'euro par mois et par foyer, et rappelle que le nettoyage des parties communes incombe réglementairement aux locataires. Malgré la réactivation de l'ascenseur, l'organisme concède que les fortes chaleurs perturbent régulièrement les mécanismes. Les habitants, qui ont alerté l'OPH et la municipalité depuis trente-six mois sans réponse concrète, expriment un profond sentiment d'abandon.

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