Le chanteur et pianiste d'origine libanaise Bachar Mar-Khalifé donne le coup d'envoi de sa tournée française d'automne ce mercredi 9 septembre à l'Opéra-Comédie de Montpellier, dans le cadre de la 21e édition d'Arabesques, rencontres des arts du monde arabe. Il y interprète les chansons de Christophe, dont il sortira un album hommage le 18 septembre, neuf jours après ce concert live inaugural.
Un hommage né d'une rencontre en 2017
Le projet trouve son origine en décembre 2017, lorsque Bachar Mar-Khalifé est invité par Fip et l'Adami à enregistrer un duo inédit à la Maison de la radio pour le Disquaire Day. Il choisit alors de partager le micro avec Christophe. "On se côtoyait un petit peu à l'époque, se souvient le pianiste franco-libanais. Christophe aimait, la nuit, s'entourer de jeunes musiciens, pour échanger, tout simplement… Il n'était pas du genre à donner des conseils. Il vivait l'instant présent, et se nourrissait beaucoup de ses rencontres, une qualité rare pour des gens de sa prestance, et nous, bien sûr, on apprenait beaucoup à son contact. Il était très inspirant."
Leur duo, intitulé "Jnoun", une mélopée enregistrée live sur vinyle, a été intégré à l'album "On/Off" de Bachar Mar-Khalifé, sorti en octobre 2020, six mois après la disparition de Christophe. En 2024, le pianiste avait déjà rendu hommage au chanteur en reprenant "Les paradis perdus" sur son album "Postludes", composé pour l'essentiel de Préludes de Chopin.
Un répertoire choisi avec liberté
Bachar Mar-Khalifé a décidé de consacrer tout un projet à Christophe après une carte blanche offerte par le festival Fragile au théâtre Zingaro l'an dernier, cinq ans après le décès du chanteur. "Je n'ai pas grandi avec ses chansons, avoue-t-il. Bien sûr, Les mots bleus ne m'avait pas échappé mais je n'avais pas une grande connaissance de son répertoire. Alors j'ai écouté toutes ses chansons, en tout cas toutes celles aujourd'hui disponibles."
Il a retenu sept titres : "Les mots bleus", "La dolce vita", "Tangerine", "Ferber endormi", "Emporte-moi", "Les paradis perdus" et "Les amoureux qui passent". "Je savais que je n'allais pas reprendre vingt chansons. Que six ou sept max' suffiraient. Que tout serait dit dedans mais que tout serait aussi dit entre", confie l'artiste, qui s'explique : "Je trouve qu'il y a beaucoup de choses suggérées dans son répertoire, laissées hors champ, et c'est une forme de communication qui me convient… Il y a comme ça des musiques qui, plus que d'autres, laissent de la place à l'interprétation pour celui qui l'écoute, et je trouve ça tellement riche, tellement délicat."
Une réinvention au service de la mélancolie
Le pianiste bouleverse l'art du "Beau bizarre" tout en honorant sa singularité, son mystère, ses silences, sa fragilité et sa mélancolie. "C'est quelque chose qui me touche beaucoup, sa mélancolie, mais en reprenant son répertoire, j'ai vite essayé d'exprimer la mienne. On ne se trompe pas à témoigner de sa propre expérience. Si on exprime sa propre mélancolie, son propre paradis perdu, si je puis dire, c'est là la magie de la musique, elle peut réunir des personnes de générations, de géographies et même d'époques différentes, et les toucher".
Le festival Arabesques se tient du 8 au 20 septembre à Montpellier. L'édition 2025 a attiré plus de 60 000 spectateurs, un record pour l'événement. Le concert de Bachar Mar-Khalifé à l'Opéra-Comédie marque le début de sa tournée française d'automne, qui fera la promotion de son album "Bachar Mar-Khalifé joue Christophe", dont la sortie officielle est prévue le 18 septembre.



