Ce mercredi 27 mai à 21h, Arte diffuse « Benedetta », le dernier film de Paul Verhoeven, avec Virginie Efira dans le rôle-titre. Inspiré d'une histoire vraie, le long-métrage retrace l'ascension ambiguë d'une religieuse italienne du XVIIe siècle, tiraillée entre foi, manipulation et désir.
Une satire du pouvoir et un portrait de femme
Paul Verhoeven, réalisateur facétieux de « Basic Instinct », s'amuse et nous amuse. De l'histoire de Benedetta Carlini, une nonne italienne du XVIIe siècle en proie à des stigmates qui auraient pu la sanctifier si ses amours lesbiennes ne l'avaient mise au ban, il tire une délectable satire du pouvoir. Le film pointe des échos contemporains : la peste et le nonce remplacent le Covid et Trump. Benedetta, possédée et manipulatrice, triomphe du patriarcat délétère en se montrant encore plus perverse.
Virginie Efira, souveraine
Qu'elle découvre l'orgasme dans les bras de l'espiègle Bartolomea (Daphné Patakia, une révélation) ou rivalise de crapulerie avec ses ennemis, Virginie Efira ondoie, souveraine, dans le rôle-titre. Le plaisir des comédiens à enquiller les répliques assassines est communicatif. Passent l'esprit de Buñuel, le spectre du « Narcisse noir », un gode-crucifix, et des visions grotesques de Jésus, signes des ravages du dogme chrétien sur Benedetta et sur sa représentation du monde. Entre passions christique et sexuelle, impur et sacré, le Batave provocateur batifole et jette avec foi les hosties aux orties.
Le film, un drame français de Paul Verhoeven (2021), dure 2h11 et met en scène Virginie Efira, Charlotte Rampling et Lambert Wilson. Il est disponible à la demande sur Arte.tv.



