Le festival littéraire marseillais Oh les beaux jours, prévu du 1er au 7 juin 2026, est au cœur d'une polémique après l'annonce de la présence de l'auteur de bande dessinée Joann Sfar. Un collectif d'artistes et d'activistes a lancé un appel au boycott, accusant Sfar de véhiculer des positions jugées problématiques sur les questions coloniales et raciales.
Un appel relayé sur les réseaux sociaux
L'appel, publié sur Instagram et signé par une trentaine de personnes, dénonce ce qu'ils qualifient de « complaisance envers le racisme systémique » de la part de Sfar. Le collectif estime que sa présence au festival est incompatible avec les valeurs d'inclusivité et de lutte contre les discriminations. Les organisateurs du festival, pour leur part, défendent leur choix en soulignant la liberté d'expression et la diversité des points de vue.
La réponse de Joann Sfar
Joann Sfar a réagi sur son compte X, affirmant être « attristé par cette instrumentalisation de la culture ». Il rappelle son engagement contre le racisme et l'antisémitisme, et invite au dialogue plutôt qu'à l'exclusion. Le festival, de son côté, indique maintenir la programmation prévue, tout en se disant ouvert à des échanges avec les contestataires.
Cette controverse intervient dans un climat tendu autour de la liberté d'expression dans le milieu culturel, où plusieurs événements ont récemment été ciblés par des appels au boycott. La question de la légitimité des artistes invités est de plus en plus débattue, entre revendications communautaires et principe de laïcité.
Le festival Oh les beaux jours, créé en 2012, est un rendez-vous important de la vie littéraire marseillaise, attirant chaque année des milliers de visiteurs. Il propose rencontres, débats et ateliers autour de la littérature contemporaine. La venue de Joann Sfar, auteur de séries à succès comme Le Chat du rabbin ou Klezmer, était très attendue.
Les organisateurs espèrent que les échanges permettront d'apaiser les tensions et que le festival se déroulera dans de bonnes conditions. Ils rappellent que la culture doit rester un espace de débat et de rencontre, au-delà des clivages.



