À 19 ans, Anthony, alias stonykristh, est devenu l'un des influenceurs chrétiens les plus suivis de France. Sur TikTok et Instagram, il cumule près de 1,7 million d'abonnés en partageant sa foi auprès d'une génération en quête de sens, d'espérance et de repères.
De l'agnosticisme aux expériences « palpables »
Rien ne destinait Anthony à ce rôle. Issu d'un milieu laïc et agnostique, il ne connaissait quasiment rien à la foi. Le tournant s'opère en 2020, à l'âge de 13 ans, alors qu'il traverse une profonde détresse psychologique liée à des angoisses et un sentiment d'isolement. Un soir, en pleurs dans sa chambre, il tente une expérience désespérée en s'adressant à une représentation de Jésus : « Jésus, je ne sais pas si tu existes, mais si c'est le cas, enlève-moi cette angoisse. » Deux jours plus tard, il explique avoir ressenti une paix profonde et immédiate. Un bouleversement radical qui surprend son entourage : « Mes parents ont cru que j'étais entrée dans une secte. Je reconnais qu'à l'époque mon comportement était peut-être excessif. Je parlais de Jésus du matin au soir. »
Quand TikTok devient un terrain d'évangélisation
Deux ans après sa conversion, Anthony lance son compte TikTok. Après des débuts timides avec des versets bibliques, il décide de se montrer face caméra. Le succès est fulgurant : une vidéo dépasse les 200 000 vues. Aujourd'hui, il fédère 1,4 million d'abonnés sur TikTok et plus de 270 000 sur Instagram. Il reçoit quotidiennement des messages intimes de jeunes souffrant d'anxiété ou de harcèlement. Pour Anthony, cet intérêt pour la foi est une réponse au climat social actuel : « Les gens ont besoin d'espérance. »
« Jésus n'est pas une religion, c'est une relation »
Le message d'Anthony est centré sur la rencontre personnelle plutôt que sur les règles institutionnelles. Il préfère parler de « relation » avec Jésus, soulignant que ce qui importe aux jeunes, c'est de se sentir aimés et de ne plus être invisibles. « Je leur dis simplement : découvre Jésus et fais-toi ta propre idée. » S'il reconnaît la valeur de la messe, il estime que les réseaux sociaux permettent de toucher les jeunes là où ils se trouvent, là où ils ne pousseraient jamais la porte d'une église.
Un mode de vie loin des standards de sa génération
À 19 ans, le quotidien d'Anthony diffère de celui de ses pairs. Fini les soirées en boîte de nuit, il ne boit pas non plus d'alcool et a renoncé aux jeux vidéo dont il était si « addict » en 2020. Quant à ses goûts musicaux, ils se sont tournés vers le rap chrétien. Pourtant, le jeune Azuréen ne vit pas cette sobriété comme une liste d'interdits frustrants. S'il continue de sortir avec ses amis à la plage ou pour faire les magasins, il adopte une philosophie biblique claire : « Tout m'est permis, mais tout ne m'est pas utile ». Selon lui, ce décalage s'est imposé naturellement au fil de son cheminement. « Plus tu passes du temps avec Jésus, plus tu vas perdre ce goût pour ces choses-là, confie-t-il, estimant être désormais trop comblé pour ressentir le besoin d'aller « combler le vide à l'intérieur avec autre chose ». Anthony a cependant aussi ses propres failles, « des fragilités que j'essaie de combattre » dit-il. À ses nombreux followers, il a notamment parlé de son addiction à la cigarette, une vidéo qui a dépassé le million de vues. « Je ne veux pas non plus donner l'image d'un chrétien parfait. »



