Plongée dans le premier roman maritime de Jean-Yves Closier
Premier roman maritime de Jean-Yves Closier

Pour son premier roman, entre détails historiques et fiction, Jean-Yves Closier, 78 ans, imagine le destin épique de Damian, un jeune mousse tropézien mêlé à l'histoire de la marine royale au XVIIIe siècle.

Un amoureux de la mer

Jean-Yves Closier, Breton d'origine, est un véritable passionné de la mer. Il navigue depuis l'âge de 20 ans. Accompagné de son épouse, il a sillonné la mer du Nord, la Manche, puis la Méditerranée de long en large depuis qu'il s'est installé à Draguignan pour la retraite, il y a deux décennies. À 78 ans, cet amoureux du grand large publie son premier roman d'aventure maritime, Damian le canonnier. L'ouvrage de 247 pages est vendu localement dans les librairies Lo Païs et Papiers Collés à Draguignan. Pour marquer cette sortie, l'auteur a accepté de nous éclairer sur sa démarche créative.

Quelle est la trame du roman ?

L'action prend son ancrage en juin 1743, à Saint-Tropez. Damian Magnoti, un jeune fils de pêcheur, sauve de la noyade son ami de jeunesse, le futur célèbre vice-amiral Pierre-André de Suffren. Peu de temps après, la famille Magnoti est confrontée à la misère et menacée d'expulsion lorsque le père périt en mer lors d'une tempête. C'est le marquis de Suffren, père de Pierre-André, qui, par gratitude d'avoir sauvé son fils, apporte son aide financière à Damian et lui permet de s'enrôler comme matelot sur Le Solide, un vaisseau de la marine royale de Louis XV. De simple matelot, il s'élève rapidement au rang de chef de pièce d'artillerie. Prendre la mer était pour lui un rêve. Un rêve désenchanté après la terrible bataille du Cap Sicié contre les Anglais. Après un naufrage s'ensuit une vaste épopée en Méditerranée et Damian met la main sur un trésor caché. Il est forcé de devenir chef de sa famille à seulement 15 ans. Son aventure raconte le cheminement d'un jeune homme courageux qui tente de sortir de sa condition. Il pourra peut-être rentrer au pays pour trouver l'amour et prendre une revanche sur la vie et ceux qui l'avaient menacé de l'expulser.

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Comment est né Damian ?

Si Pierre-André de Suffren est un personnage historique, Damian est le fruit de mon imagination. J'ai basé leur rencontre sur le fait réel que le jeune Suffren passait ses étés sur des bateaux de pêche tropéziens. Dans sa première partie, le récit est ancré dans la réalité historique des vaisseaux de la Royale, puis cela bascule dans la pure aventure de survie après un naufrage. Pour donner du rythme et de la nervosité à l'action, j'ai choisi d'écrire au présent et d'utiliser des phrases courtes. Le récit est structuré avec de nombreux chapitres parallèles suivant les destinées des différents personnages. Destins qui finissent par tous s'imbriquer.

À qui s'adresse ce récit ?

Les passionnés d'Histoire y trouveront une restitution minutieuse de la rude vie à bord des navires de guerre, mais aussi le destin tragique des protestants condamnés aux galères au XVIIIe siècle. D'autres apprécieront la dimension humaine et les histoires d'amour impossibles de l'époque. Au fond, le roman raconte, avec rudesse, la condition humaine face aux éléments et à la société du XVIIIe siècle. Mes années passées en mer m'ont permis d'insuffler un grand réalisme technique pour décrire les manœuvres de voile ou les tempêtes. Récemment j'ai dû vendre mon voilier, avec nostalgie. L'écriture a été un moyen de retourner sur l'eau. Je souhaitais transmettre mon amour de la navigation et faire découvrir les paysages extraordinaires que j'ai traversés. Ceux du littoral varois, mais aussi des côtes sardes, siciliennes et corses, qui servent de magnifiques décors à l'épopée de Damian.

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Comment est née votre passion pour l'écriture ?

J'ai toujours aimé consigner avec beaucoup de détails mes navigations dans les journaux de bord. Mais le déclic est arrivé lorsqu'Hugo, mon petit-fils de 10 ans, m'a expliqué qu'il voulait devenir scénariste. Il pleuvait, alors pour s'occuper nous avons créé ensemble la trame d'un polar selon ses idées. L'exercice m'a passionné et j'en ai fini l'écriture. Puis j'en ai écrit un second toujours réservé à la lecture familiale. Ensuite, j'ai voulu écrire une histoire de chasse au trésor et de pirates pour amuser mes autres petits-enfants. Je voulais que l'aventure se déroule en Méditerranée et en me documentant sur Saint-Tropez, j'ai découvert la biographie du Bailli de Suffren. L'histoire a alors pris une telle épaisseur historique que j'ai abandonné l'idée d'un conte pour enfants pour concevoir ce roman d'aventure imprimé pour le public.