Polars de l'été : nos coups de cœur pour transpirer d'émotions fortes
Polars de l'été : nos coups de cœur pour transpirer

Quitte à transpirer cet été, autant que ce soit avec des émotions fortes. Et si vous ne pouvez vous passer de crimes affreux, mais aussi d’amour, de beauté et d’intensité, voici notre coup de cœur de l’année au rayon polar.

Chris Whitaker, un jeune auteur anglais

Chris Whitaker cristallise dans Toutes les nuances de la nuit (Sonatine, 818 p., 26 €) tout ce qu’on peut aimer en la matière. Des ados réunis par un crime, des tueurs en série, et un récit bouleversant qui s’étire sur toute une vie. Terrible et magnifique, vous ne l’oublierez pas !

Dans l’Écosse des îles et des villes

Toujours côté britannique, pourquoi ne pas (re) découvrir la trilogie écossaise de Peter May, qui vient dix ans après de rajouter un nouvel épisode très réussi, Loch Noir (Éditions du Rouergue, 362 p., 23 €) à ce succès justifié, situé dans les îles sauvages du nord de l’Écosse.

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Dans une veine tout urbaine, mais toujours écossaise, plongez-vous dans une autre saga, celle d’Alan Parks, qui continue à voyager chez les voyous des seventies avec Mourir en juin (Rivages/Noir, 364 p., 23 €) avec son héros récurrent, le commissaire Harry McCoy. Ou ouvrez l’oppressant roman posthume de la très regrettée Mo Hayder, décédée en 2021, et dont l’éditeur publie Crâne d’Os (Presses de la Cité, 348 p., 23 €), qui mêle légende urbaine, drame rural et suspense angoissant.

Hugues Pagan et Jean-Philippe Grangé sur le haut de la pile

Chez les Français, la sombre saga en deux volumes de Jean-Philippe Grangé (Sans soleil et Le roi des ombres, Albin Michel), qui revisite la France des années sida, s’impose en haut de la pile, tout à côté de L’ombre portée (Rivages/Noir, 426 p., 22 €) d’Hugues Pagan. On y retrouve la noirceur de l’auteur, et le commissaire Schneider, amer et humaniste, dans une France giscardienne dure et parfaitement restituée. Autre succès recommandé : Les Saules (Seuil noir), premier roman rural et épatant de Mathilde Beaussault, Bretonne et fille d’agriculteurs.

Des plumes tranchantes italiennes

Côté valeurs sûres, le Norvégien Jo Nesbo donne avec Les maîtres du domaine (Série noire, 462 p., 21 €) une suite à son duo de frères toxiques et déglingués mis en scène l’an dernier dans Leur domaine. Et puis bien sûr l’inévitable James Lee Burke, qui livre avec Clete (Rivages/Noir, 360 p., 23 €) une nouvelle plongée âpre et violente dans une Floride hantée par les fantômes de son passé.

Chez les Italiens, deux plumes tranchantes nous ont marqués : Gianni Biondillo, qui signe avec Le goût du sang (Métailié, 357 p., 22 €) un saisissant roman sur la pègre de Milan. Et puis le très terrifiant mais addictif premier roman de Marco Di Franchi, La condamnation des vivants (Albin Michel, 567 p., 23 €), qui mêle rapts d’enfants, enquête ardue et tableaux du Caravage, en un thriller dont on ne sort pas indemne.

Histoire de conclure par un beau geste (les bénéfices sont versés à l’association Cop 1), mentionnons le collectif Les Louves du polar, né en septembre 2022, qui vient de sortir son premier recueil de nouvelles, Dérapages (Pocket, 354 pages, 9 €). Dix-neuf autrices pour autant d’histoires, qui s’en donnent à cœur joie pour faire découvrir des trajectoires de femmes et d’hommes dont le destin bascule d’un jour à l’autre, sans qu’elles ou ils ne sachent vraiment pourquoi.

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