Pierre Assouline, écrivain et critique littéraire, livre une réflexion profonde sur le rôle de la littérature dans nos vies. Dans un entretien accordé au Monde, il affirme que « la littérature nous enseigne que la vie ne suffit pas ». Selon lui, les livres permettent d'explorer des dimensions de l'existence que le quotidien ne peut offrir.
Une vision de la littérature comme nécessité
Assouline, qui a dirigé la revue Lire et publié de nombreuses biographies, considère que la lecture est une expérience essentielle. « On ne lit pas seulement pour se distraire ou s'informer, mais pour vivre plusieurs vies », explique-t-il. Il insiste sur le pouvoir des romans de nous faire accéder à des émotions et des pensées que nous ne pourrions pas connaître autrement.
L'auteur de La Cliente et Le Dernier des Camondo souligne que la littérature est un antidote à la superficialité du monde contemporain. « Dans une époque dominée par l'immédiateté et l'image, le livre impose une lenteur, une réflexion, une profondeur », dit-il.
Le rôle du critique et de l'écrivain
Interrogé sur son métier de critique, Assouline estime qu'il consiste à « faire le lien entre l'œuvre et le lecteur, à expliquer sans trahir ». Il critique par ailleurs l'évolution du monde éditorial, où la logique commerciale prend parfois le pas sur l'exigence littéraire. « On publie trop de livres inutiles », regrette-t-il, appelant à un retour à l'essentiel.
Pour lui, l'écrivain a une responsabilité : « Ne pas céder à la facilité, ne pas écrire pour plaire à tout prix. La littérature exige une forme de résistance. » Il cite en exemple des auteurs comme Jean-Philippe Toussaint ou Maylis de Kerangal, qui « renouvellent la langue et la perception du monde ».
Un plaidoyer pour la lecture
Face à la baisse de la lecture chez les jeunes, Assouline reste optimiste. « Il y a toujours des lecteurs passionnés, et les librairies indépendantes résistent », note-t-il. Il encourage les parents à lire à voix haute à leurs enfants, une pratique qui « crée un lien unique et transmet le goût des histoires ».
En conclusion, Pierre Assouline rappelle que la littérature est une « école de l'empathie ». « Elle nous apprend à nous mettre à la place de l'autre, à comprendre des vies qui ne sont pas les nôtres. C'est en cela qu'elle est indispensable », affirme-t-il. Un message qui résonne particulièrement dans un monde en quête de sens.



