Michael Olise : son choix pour les Bleus remonte à 2019, bien avant les JO
Olise a choisi la France en 2019, avant les JO

Dans l'emballement de son divin récital contre la Suède (3-0) mardi, le storytelling en France pousse à croire que Michael Olise a attendu le prestige des JO de Paris 2024, qu'il a privilégiés à un Euro 2024 avec l'Angleterre, pour opter pour l'équipe de France. Sauf que son choix du maillot bleu remonte dans les faits à juin 2019, et les strass et paillettes de Jeux olympiques en France ou d'une Coupe du monde aux États-Unis étaient alors très loin.

Un rassemblement U18 en 2019 au tournoi Maurice Revello

Car on parle là d'un rassemblement de deux semaines avec un groupe U18 tricolore privé de ses plus grands talents chez les 2001, William Saliba et Manu Koné en tête. Avec pour l'actuelle star du Bayern Munich deux matchs disputés sur les terrains amateurs d'Aubagne et de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), contre les sélections U23 du Qatar (2-0) puis du Guatemala (2-1). Le tout dans le cadre du tournoi Maurice Revello, plus connu sous le nom de Festival international espoirs ou de tournoi de Toulon.

Des débuts discrets mais prometteurs

Deux résumés YouTube de trois minutes de ces rendez-vous en apparence sans histoire suffisent à nous montrer l'essentiel : coups francs excentrés sur le poteau, dribbles dévastateurs, décalages altruistes et conduite de balle soyeuse, tout le package du Michael Olise qui émerveille cette Coupe du monde 2026 était déjà là il y a sept ans. Le gardien de but Hugo Barbet se souvient parfaitement des premiers pas de ce talent offensif de 17 piges débarqué d'outre-Manche.

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« Michael est quelqu'un de très discret dans un groupe, mais sur le terrain, il ne l'est plus du tout, sourit-il. Je ne le connaissais pas encore et j'ai tout de suite vu quelqu'un d'entreprenant, très à l'aise balle au pied, avec de l'intelligence de jeu et une qualité de passe. Ceci dit, je n'aurais jamais cru au moment-là qu'il aurait un jour un niveau de Top 5 mondial… » Car c'est bien dans ces si hautes sphères que l'actuel meilleur passeur du Mondial (5 offrandes) virevolte désormais.

Une discrétion liée à la langue

Cette discrétion dans la vie de groupe, toujours d'actualité dans l'aventure américaine des Bleus, s'explique en partie par ses difficultés à maîtriser la langue de Molière, du fait de son parcours entièrement en Angleterre jusqu'à son transfert au Bayern en 2024. « Il parlait un français un peu moyen, confirme Hugo Barbet. Disons que ça passait bien entre nous en anglais, c'était plus simple. Michael connaissait par contre déjà la Marseillaise sur le tournoi de Toulon, je le voyais la chanter. »

Un choix de cœur pour la France

C'est là qu'on touche à son choix de vie qui a tant fasciné Thierry Henry en 2024, et qui désespère tous les fans des Three Lions ou encore son compère au Bayern Harry Kane : malgré une vie british et un père anglo-nigérian, le natif de Londres a toujours privilégié une nationalité sportive française, accessible pour lui en raison d'une mère franco-algérienne. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé, au printemps 2019, à arpenter les rues d'Aix-en-Provence avec ses nouveaux potes Bleuets (dont Lucas Chevalier), lors des « quartiers libres jusqu'à minuit après les victoires ».

Hugo Barbet revient sur la position claire et nette de son ancien coéquipier chez les U18 : « A 17 ans, son choix pour les Bleus était clair dans sa tête. Pour lui, ça a toujours été la France. Et à cet âge-là, il n'est pas question de primes ou d'enjeux financiers. C'est juste qu'il se sentait plus français, il voulait jouer pour la France. » Et la France le lui rendait bien, à en croire le nouveau gardien de but du Dinan Léhon FC (National 1).

« On s'est rendu compte que la Fédé l'avait identifié comme un jeune à très fort potentiel, et tout le monde le regardait de près sur ces matchs de juin 2019. Mais de son côté, Michael est resté simple et très calme. Quand il était avec nous, tout le staff et les kinés parlaient en anglais rien que pour lui. On sentait que tout le monde voulait clairement lui garantir un rassemblement aux petits oignons. »

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Un talent déjà « imprévisible » à 17 ans

Comme avec l'équipe de France A en septembre 2024, c'est seulement au moment de son bizutage musical que le groupe voit « se lâcher » celui qui compte déjà quatre matchs de Championship (D2 anglaise) avec Reading à 17 ans. Si le sélectionneur Jean-Luc Vannuchi ne lui permet pas de se confronter, dans ce même tournoi Maurice Revello, aux U20 brésiliens (avec Antony et Matheus Cunha) et portugais (Vitinha et Gonçalo Ramos en étaient), Michael Olise « fait beaucoup de différences dans le jeu » face aux modestes sélections du Qatar et du Guatemala.

Mais sans s'offrir son premier but ou sa première passe décisive avec l'équipe de France. Il faudra patienter jusqu'à l'Euro Espoirs 2023 pour le voir marquer avec les Bleuets (1-0 contre la Norvège). Mais rien qu'aux entraînements, son talent impressionne bien dès 2019 sur le sol français. « Une prise de balle, ça ne ment pas dans le football, et il réussissait les mêmes qu'aujourd'hui avec son extérieur du pied. J'avais l'impression que chez lui, c'était inné », confie Hugo Barbet.

Avant de poursuivre sur les prouesses du nouveau chouchou des Français, à 24 ans : « Il était très fort devant le but, et pour un gardien, il était vraiment imprévisible en 1 contre 1 car il pouvait te dribbler et te feinter jusqu'au dernier moment. Quand il décidait d'accélérer, il était impressionnant. J'étais sûr de gagner si j'étais dans son équipe ! Et encore, il n'était qu'à 50 % de son potentiel de l'époque sur les entraînements. Disons que Michael, c'est un joueur de matchs… » Et tant qu'à faire de très grands rendez-vous, comme on en a eu la confirmation mardi au MetLife Stadium de New York.