Le 2 juillet 2026, la Syrie a inauguré son premier Parlement depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, une étape cruciale pour la transition politique menée par le président Ahmad al-Chaara. Cette assemblée, issue d'élections tenues en mai dernier, exclut les partis liés à l'ancien pouvoir et représente un test majeur pour la légitimité du nouveau gouvernement.
Une composition inédite
Sur les 250 sièges que compte le Parlement, 180 sont occupés par des indépendants et des représentants de la société civile, tandis que 70 reviennent à des partis politiques autorisés après la chute d'Assad. Selon les chiffres officiels, le taux de participation aux élections a atteint 62 %, un score jugé satisfaisant par les autorités mais critiqué par certaines ONG qui évoquent des irrégularités. « C'est un pas important vers la démocratie, mais le chemin est encore long », a déclaré Rami al-Sayed, analyste politique basé à Damas.
Les défis du nouveau président
Ahmad al-Chaara, ancien opposant exilé, doit désormais composer avec une assemblée hétéroclite où les alliances sont fragiles. Son principal défi est de faire adopter une nouvelle Constitution, qui devra remplacer celle de 2012, taillée sur mesure pour le clan Assad. Le texte, en cours d'élaboration, prévoit une décentralisation du pouvoir et la garantie des droits des minorités, notamment kurdes et chrétiennes. « La priorité est de reconstruire l'État et de rétablir la confiance des Syriens », a affirmé al-Chaara lors de son discours d'ouverture.
Des tensions persistantes
Malgré l'optimisme affiché, les tensions restent vives. Les factions armées qui ont combattu le régime d'Assad peinent à se démobiliser, et des affrontements sporadiques ont lieu dans le nord-ouest du pays entre groupes rivaux. Par ailleurs, la communauté internationale observe avec prudence : les États-Unis et l'Union européenne conditionnent leur aide à la tenue d'élections libres et à la lutte contre l'impunité. « Nous saluons cette avancée, mais nous attendons des actes concrets en matière de justice transitionnelle », a déclaré un porte-parole du Département d'État américain.
Un test pour la légitimité
Le nouveau Parlement devra également gérer la crise économique, avec une inflation galopante (plus de 80 % sur un an) et des pénuries d'électricité et d'eau. La reconstruction du pays, estimée à 400 milliards de dollars par la Banque mondiale, nécessite des réformes structurelles et un climat de confiance pour attirer les investisseurs. « Le Parlement est le symbole de la nouvelle Syrie, mais il doit prouver qu'il peut répondre aux besoins quotidiens des citoyens », souligne Nadia al-Hassan, chercheuse à l'Université de Damas.



