« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu dessiner »… L’auteur montpelliérain d’Idéfix se confie aux enfants et à Midi Libre ! Philippe Fenech, un dessinateur montpelliérain heureux de dessiner ses idoles de jeunesse.
Rencontre avec un jeune public
Le dessinateur montpelliérain Philippe Fenech signe le neuvième tome des aventures d’Idéfix, tout juste paru et dédié à un jeune public. Des enfants qu’il a également rencontrés ce mercredi à Midi Libre.
Vous appréciez ces rencontres avec un jeune public, comme aujourd’hui à Midi Libre ?
« C’est le meilleur public. J’ai toujours fait de la BD jeunesse. Quand les gamins repartent avec un dessin à la main et un grand sourire, je me dis que c’est pour ça que je fais ce métier. »
Car c’est le goût de la bande dessinée et du dessin en lui-même que vous leur transmettez lors de ces moments-là ?
« C’est ça. Je me retrouve dans ces gamins. J’avais cinq ans quand j’ai découvert la bande dessinée et j’aurais adoré à l’époque pouvoir rencontrer un dessinateur. C’est arrivé, mais beaucoup plus tard. Alors j’essaye de leur transmettre ça, oui. »
Les débuts d’un passionné
Parce qu’enfant, déjà, vous vouliez dessiner ? Comment tout a commencé ?
« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu dessiner. À 5 ans, mon oncle m’a offert un Astérix, et je me suis rendu compte que l’on pouvait raconter des histoires avec des dessins. Je ne savais pas encore lire, mais j’arrivais quand même à comprendre l’histoire, et ça, c’est le génie d’Uderzo. Après, quand j’ai su lire, j’ai découvert le génie de Goscinny. Et ça a lancé ma vie, c’était ça que je voulais faire plus tard. »
Comment passe-t-on de fan d’Astérix à dessinateur d’une série dérivée de cet univers ?
« J’ai toujours crié mon amour pour Uderzo. Et j’ai toujours régulièrement posté sur les réseaux des dessins en hommage à Astérix, dans le style, en parallèle de mes séries personnelles. Et, pour m’amuser et à destination des réseaux sociaux, j’ai un jour dessiné une planche qui retraçait la vie d’Astérix, on le voyait bébé dans les bras d’Uderzo et Goscinny, puis dans l’espace quand il y a eu le satellite Astérix, ça racontait toute cette histoire-là. Et cette planche a été partagée des milliers et des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Et elle a fini par arriver dans les mains de l’éditeur. Coup de bol pour moi, c’était au moment où ils cherchaient un dessinateur pour illustrer Idéfix. Ils m’ont envoyé un message pour savoir si je voulais faire des essais, mail que j’ai relu deux fois pour être sûr qu’il ne s’agissait pas d’une blague ! Et c’est ainsi que tout est parti ! »
L’univers d’Idéfix
Et vous voilà dessinateur des aventures d’Idéfix dont le nouvel album sort ce mercredi 17 juin. Dans un format adapté pour le jeune public ?
« Oui, un petit format, souple, pour un public plus jeune que celui d’Astérix, des enfants, des primo-lecteurs. Mais il y a deux ans, pour faire plaisir aux plus anciens lecteurs, on a ressorti les deux premiers tomes en intégrale et en grand format, et on fera ça maintenant tous les deux ans, pour faire plaisir aux grands enfants. »
Quelles sont vos contraintes sur cette série ?
« La règle absolue, que j’essaye de toute façon de m’appliquer à moi-même, c’est de ne pas trahir le trait d’Albert Uderzo, même si y coller à 100 % c’est impossible. Le gars, c’est un génie, hein ? De ne pas trahir Goscinny non plus. Les scénaristes intègrent de temps en temps des personnages du village. Mais la règle c’est : pas d’Astérix, ni d’Obélix, puisque ça se passe deux ans avant leur rencontre officielle dans Le tour de Gaule. Mais pour cet album, ça a été un plaisir de dessiner Ordralfabetix et Goudurix, un personnage que j’adore. Dans le tome 5, il y avait même Panoramix. Là, sort le neuvième tome, et c’est le septième que je dessine. »
Parvenez-vous quand même à apporter quelque chose de personnel dans cet univers ?
« Moi, j’aime la Commedia dell’arte, le jeu des personnages. J’essaie d’amener ça dans mes propres planches. Mais j’ai envie de dire, c’était déjà là dans Astérix… Qu’est-ce que je peux apporter dès lors ? Un peu de modernité sur certaines choses ? Et encore… je n’ai finalement pas l’impression d’apporter grand-chose, si ce n’est ma connaissance de cet univers, et l’amour que je porte à cette BD. »
Un tome 10 est déjà programmé ?
« Il est en phase d’écriture. Par divers scénaristes puisque chaque album est tiré du dessin animé. Et puis là, je travaille sur mon autre série, Les Cop’s. Ce sera le tome 17. Ça fait maintenant un bon moment que je les côtoie ces copines. »
“Idéfix et les irréductibles : Goudurix fait le mur”, chez Albert-René, 9 €.



