Médicis 2026 : Thélyson Orélien écarté, douze essais en lice
Médicis 2026 : Orélien écarté, douze essais en lice

Le jury du prix Médicis a dévoilé, le 15 octobre 2026, la deuxième sélection de son édition 2026. Sans surprise, Thélyson Orélien, dont le roman « C’était ça ou mourir » (Grasset) avait suscité une polémique après des accusations d’usage d’intelligence artificielle, a été sorti de la liste initiale. Le jury, présidé par Pascale Roze, a également réduit le nombre de romans français en lice, qui passe de 18 à 7 ouvrages. La sélection étrangère compte neuf titres, tandis que douze essais font leur entrée dans la compétition.

Une sélection resserrée pour les romans français

Parmi les sept romans français retenus, trois font l’objet d’une rumeur flatteuse depuis leur parution fin août. Anne Godard, avec « Nous aussi » (Actes Sud), explore une enfance marquée par le concept d’« incestuel » du psychanalyste Paul-Claude Racamier (1924-1996). Daria Marx, dans « Tuer le vieux » (Flammarion), livre le récit d’un road movie punitif vers le Pays basque, en réaction à un crime commis par le grand-père. Lucie Rico, avec « Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? » (P.O.L), tente de reconstituer un souvenir d’enfance traumatique.

Les autres romans français en lice sont « Décolorer sa fille » de Lucie Bérard (Les Intranquilles), « N’efface pas mes cercles » d’Emma Marsantes (Verdier), « Croire au code » de Sarah Tadlaoui (Héloïse d’Ormesson) et « Grandes lignes » de Philippe Vasset (Flammarion).

La sélection étrangère et les essais

Dans la catégorie étranger, Laura Kasischke, avec « Baignade surveillée » (Gallimard), est donnée favorite, treize ans après « Esprit d’hiver » (Christian Bourgois). Robert Seethaler, avec « La Rue » (Sabine Wespieser), pourrait créer la surprise : son roman naturaliste fait d’une rue le personnage principal, dans la lignée de Julien Gracq (1910-2007). Le jury semble également apprécier « Via Veneto » de Colette Fellous (Gallimard), qui évoque le cinéma italien des années 1960.

Parmi les douze essais sélectionnés, Yann Diener, avec « Comment le langage vint aux machines. Enquête sur Ada Lovelace, Grace Hopper et Jean Bartik » (Climats), met en lumière le rôle de trois femmes dans l’invention des premiers langages de programmation. Richard Zenith, avec « Pessoa, l’œuvre-vie » (Seuil), propose une biographie du poète portugais. Les autres essais incluent « Une éclaircie » de Jean-Baptiste Del Amo (Stock), « L’Hospitalité. Affirmer l’humanité » de Souleymane Bachir Diagne (Autrement), « Auschwitz, une histoire de femmes. Les Françaises du bloc 10 » de Johanna Lehr (Gallimard), ou encore « La Guerre éternelle » d’Olivier Rolin (Gallimard).

Délibérations prévues le 2 novembre

Les délibérations du prix Médicis sont annoncées le 2 novembre au restaurant « La Méditerranée », à Paris. Le jury, présidé par Pascale Roze, est composé de Marianne Alphant, Michel Braudeau, Marie Darrieussecq, Dominique Fernandez, Anne F. Garréta, Patrick Grainville, Andreï Makine et Alain Veinstein. La plupart des livres sélectionnés seront chroniqués dans les pages littéraires du « Nouvel Obs » et sur BibliObs.