Point de deal à Alès : un vendeur et un guetteur condamnés
Point de deal à Alès : vendeur et guetteur condamnés

Le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, a condamné ce jeudi 15 octobre deux hommes impliqués dans un trafic de stupéfiants dans le quartier de Rochebelle. Le guetteur, un Alésien de 42 ans, a écopé d'un an de prison avec sursis probatoire, tandis que le revendeur, un homme de 26 ans originaire des Yvelines, a été condamné à deux ans de prison avec mandat de dépôt et interdiction du Gard pendant cinq ans.

Une opération de police déclenchée par les riverains

L'affaire a débuté le mardi 13 octobre au matin, lors d'une opération de surveillance de la police nationale dans le quartier alésien de Rochebelle. Selon Vincent Edel, le président de l'audience, cette opération a été menée « à la demande de riverains agacés par le trafic de stupéfiants ». Les forces de l'ordre, après avoir observé une vingtaine de transactions, ont interpellé un guetteur installé sur un balcon et un revendeur sans domicile fixe, âgé de 26 ans, arrivé dans la région la veille.

Lors de l'interpellation, les policiers ont découvert dans la sacoche du jeune homme 40 grammes de résine de cannabis, 62 grammes d'herbe et 27 grammes de cocaïne, ainsi que 1 735 euros en espèces. Les deux prévenus ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés.

Des profils fragiles et des peines contrastées

Le jeune Francilien a expliqué être initialement parti pour Marseille avant de se désister et de « finir à Alès ». Il a nié avoir été recruté sur internet, affirmant être allé à Rochebelle pour acheter de la drogue avant de « demander à travailler ». Il a également assuré que l'argent saisi provenait de ses économies et a refusé de donner le code de déverrouillage de son téléphone, invoquant son caractère « personnel ». Le quadragénaire, quant à lui, a confié : « Ça s'est fait comme ça. J'avais besoin d'argent. » Il a dit avoir conscience d'agir dans l'illégalité, mais sans mesurer la gravité des faits.

Le procureur de la République, Abdelkrim Grini, a exprimé sa colère face à un discours de « victimisation » qu'il « ne peut pas entendre ». Il a requis deux ans de prison, dont six à neuf mois avec sursis probatoire, contre le guetteur, et trois ans avec une interdiction du Gard pendant cinq ans pour le jeune homme, avec mandat de dépôt pour les deux.

Les avocats plaident la fragilité et obtiennent des peines réduites

Me Euria Thomasian, avocate du jeune homme, a mis en avant ses « facteurs de fragilité » cumulés : enfant placé, problèmes de santé et familiaux, le décrivant comme « une proie extrêmement facile pour les trafiquants ». Elle a plaidé pour un sursis probatoire avec obligation de soins, en raison de sa vie « dans l'errance, dans la pauvreté, dans le rejet depuis qu'il est gamin ». Son client a finalement été condamné à deux ans de prison avec mandat de dépôt et interdiction du Gard.

Pour l'Alésien, Me Karim Derbal a évoqué « un parcours honorable » depuis quinze ans, parlant de quelqu'un « qui s'est fait oublier de la Justice » jusqu'à ce « couac ». Le tribunal a suivi cette défense en condamnant le guetteur à un an de prison avec sursis probatoire, une peine plus clémente que celle requise par le parquet.