« Les Lieux souterrains » de Gustavo Faverón Patriau s'impose comme le chef-d'œuvre de la rentrée littéraire. Ce roman épique et magistral, traduit pour la première fois en français, évoque « les Bienveillantes » de Jonathan Littell et les grands textes du maître chilien Roberto Bolaño (1953-2003). L'écrivain péruvien, ancien journaliste et opposant au président Fujimori, est enfin accessible au public francophone.
Un roman monstre qui circule sous le manteau
Voici un livre immense que ne connaissent encore qu'une poignée d'initiés, un livre qui circule sous le manteau à la manière d'un texte interdit, qui hante les esprits et les corps, retourne les cerveaux. Par son ampleur, sa puissance narrative, la noirceur qui le travaille, il évoque les grands textes de la littérature mondiale contemporaine. Mais « les Lieux souterrains » est surtout une œuvre inclassable qui fourmille d'histoires connexes.
Le récit s'articule autour d'un homme qui fut cinéaste d'avant-garde, agent de la CIA en Amérique du Sud dans les années 1950-1960, et qui finit par construire des lieux de détention et torturer dans des caves. Son fils part sur les traces de ce père diabolique, voyage en Argentine, au Paraguay, au Chili, et se sent gagné par le Mal à son tour.
Une anomalie éditoriale enfin corrigée
Tour de force romanesque, le livre de Gustavo Faverón Patriau est également une anomalie éditoriale : son auteur, qui a écrit déjà une dizaine de livres, n'avait jamais été traduit en France. « J'ai publié plusieurs textes de non-fiction, et quatre de fiction », raconte l'écrivain péruvien dans un entretien accordé à Paris. « Mon premier roman, “l'Antiquaire”, est paru en 2010, et il a été traduit dans de nombreuses langues en 2014-2015 : en anglais, en japonais, en turc. »
Cette traduction française, attendue depuis longtemps, permet enfin aux lecteurs francophones de découvrir l'ampleur de son talent. Le roman, par sa noirceur et sa complexité narrative, s'inscrit dans la lignée des grandes œuvres qui marquent une rentrée littéraire.
Un auteur engagé et reconnu
Gustavo Faverón Patriau, ancien journaliste et opposant au président Fujimori, apporte à son œuvre une dimension politique et historique forte. Son expérience de journaliste et son engagement contre la dictature péruvienne nourrissent un récit qui explore les méandres du pouvoir et de la violence. Le livre, par sa portée universelle, interroge la nature du Mal et la transmission de la culpabilité.
La publication de « les Lieux souterrains » marque un tournant dans la reconnaissance de l'auteur en France. Ce roman, déjà salué par les initiés, devrait désormais toucher un large public et s'imposer comme une référence de la rentrée littéraire.



