Michel Houellebecq publie un recueil de poèmes sur la mort et l'espoir
Houellebecq : un recueil de poèmes sur la mort et l'espoir

L'écrivain Michel Houellebecq publie un recueil de poèmes dans lequel sa part sombre, à l'approche de « la remise à zéro », s'éclaire de la petite lumière de l'espérance. « Il se réveilla un matin avec la pensée de la mort, et comprit qu'il n'y en aurait plus d'autre. » Parce que Michel Houellebecq sent que sa « vie s'approche de son terme comme une anecdote aplatie », c'est au travers d'un recueil de poésies que l'écrivain aujourd'hui âgé de 70 ans a choisi de s'exprimer.

« C'est un discours absolu qui a pour ambition de poser des phrases sans possibilité de négation », avait-il d'ailleurs pu déclarer au sujet de la poésie, que Michel Houellebecq a toujours placée au-dessus du roman. Avec « Combat toujours perdant », l'auteur révélé par « Extension du domaine de la lutte » renoue ainsi avec un genre qui lui avait en 1991 permis de faire son entrée sur la scène littéraire, avec les parutions de « Rester vivant » puis de « La Poursuite du bonheur ».

Un désespoir poétique

Rimé, versifié ou en prose, le désespoir de Michel Houellebecq hante cette fois-ci les pages du recueil. « Avant d'être expulsé dans un trou irréel / J'aimerais souligner – lamentation confuse – / Le néant absolu des constructions virtuelles / Où avant d'exister tout se délite et s'use. »

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Confessions éclairées

Malgré leur noirceur de suie, ces confessions de Michel Houellebecq s'éclairent toutefois d'une « inavouable espérance ». Comme pour le reste de son œuvre, ce qui est important est finalement ce que ce drôle de paroissien ne dit pas. Avec ce livre de prière pour un monde sans dieu, il n'en finit de douter. Mais, « dans sa suprématie, la mort sévère et sèche » ne lui convient pas. « Après tout la promesse est claire, et nettement formulée : c'est celle de la résurrection de la chair. »

« Il se réveilla un matin avec la pensée de la mort, et comprit qu'il n'y en aurait plus d'autre. » Michel Houellebecq apparaît donc tel qu'il est dans ses poésies du vieil homme et la mort. Celui dont la part sombre a placé le mal dans ses personnages, pour se faire le porte-voix d'une société et d'une époque, semble désormais rechercher un passage là où la science n'indique que des impasses : « Je ne suis ni saint ni héros / Mes yeux se rempliront de larmes / Lors de la remise à zéro. »

« Combat toujours perdant », de Michel Houellebecq, éd. Flammarion, 72 p., 12 €, ebook 8,49 €.

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