Ariane Ascaride raconte l'odyssée de Marcel Pagnol sur France Inter
Ariane Ascaride raconte l'odyssée de Pagnol

Depuis le 3 août 2026, les auditeurs de France Inter ont rendez-vous avec une figure marquante de la culture marseillaise. La comédienne Ariane Ascaride, révélée par les films de Robert Guédiguian, y célèbre Marcel Pagnol dans une série intitulée L’odyssée de Pagnol : Marcel, Marseille et moi. Cette création estivale, diffusée en semaine, s’annonce comme un voyage au cœur de l’œuvre et de la ville qui ont fait l’écrivain et cinéaste.

Le programme se présente moins comme une biographie classique que comme une promenade intime et sonore. Ariane Ascaride, née dans le quartier de l’Estaque, arpente les lieux chers à Pagnol : les collines de Garlaban, le Vieux-Port, les calanques. Elle y lit des extraits de La Gloire de mon père, Le Château de ma mère ou encore des dialogues de ses pièces de théâtre devenues films cultes.

Un hommage double : à la ville et à l’artiste

Dans cette série, Marseille n’est pas seulement un décor. C’est un personnage à part entière. Pagnol, né en 1895 à Aubagne et mort à Paris, a immortalisé les paysages du Sud dans des films comme Marius, Fanny ou César. Cette trilogie marseillaise, adaptée de sa propre pièce, reste aujourd’hui encore une référence dans le répertoire populaire français. La série de France Inter entend montrer combien cette œuvre puise dans la lumière et les odeurs de la Méditerranée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Ascaride, de son côté, a plusieurs fois raconté sa rencontre avec les textes de Pagnol, dès l’adolescence. Elle se souvient avoir récité des passages de Topaze à l’école, avant de se diriger vers une carrière d’actrice. Ce lien personnel donne à la série une tonalité particulière, entre hommage et confession.

Des archives et des lectures pour raviver la mémoire

La diffusion s’appuie sur des enregistrements d’époque, des entretiens de Marcel Pagnol donnés à la radio et des extraits de films restaurés. France Inter a également sollicité des archives sonores de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) pour faire entendre la voix de l’écrivain. Cette matière première est enrichie par les interventions de l’actrice, qui commente les passages de manière vivante.

Au-delà du simple hommage, cette odyssée radiophonique interroge un héritage. Comment parler de la Provence aujourd’hui ? Que reste-t-il du mythe de Pagnol dans une ville transformée par les décennies ? Autant de questions qui traversent les épisodes, avec en toile de fond la question de la transmission aux nouvelles générations.

Une fenêtre sur l’œuvre de Pagnol

L’idée de consacrer une série à Pagnol n’est pas née par hasard. L’écrivain est l’un des plus lus et des plus adaptés de la littérature française. Ses récits autobiographiques continuent de toucher un public large, de l’école aux plateformes de streaming. Les éditions de ses œuvres complètes et les reprises de ses pièces au théâtre en témoignent.

La série de France Inter s’inscrit dans cette redécouverte. En la confiant à une actrice du terroir, la chaîne mise sur l’authenticité. Ariane Ascaride, qui a reçu de nombreuses récompenses pour son jeu, apporte ici sa voix grave et chaleureuse, comme une lettre adressée à celui qu’elle appelle parfois « Marcel ».

Une écoute estivale pensée pour les flâneries

Diffusée chaque après-midi, la série est conçue pour accompagner les auditeurs en vacances. Les épisodes, d’une trentaine de minutes, alternent récits, musiques et ambiances. Le travail de prise de son a été réalisé sur place, dans des conditions réelles, ce qui confère au programme une dimension documentaire.

Les amoureux de Pagnol comme ceux qui le découvrent devraient y trouver leur compte. La promesse est simple : faire entendre la beauté d’une langue, la gouaille des personnages et une certaine idée de la joie de vivre méditerranéenne.

Au moment où cette série voit le jour, on peut aussi voir au cinéma plusieurs adaptations de Pagnol ou en revoir des versions restaurées. Mais la radio offre une expérience différente : celle de la voix nue, sans image. C’est peut-être ce qui manque le plus dans notre monde saturé de visuels. France Inter, avec ce projet, réhabilite l’écoute active et l’imaginaire personnel.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

En définitive, « L’odyssée de Pagnol » est bien plus qu’un programme : c’est une invitation à la flânerie, à la mémoire et à la littérature. Et c’est sans doute ce que Marcel Pagnol aurait souhaité : que l’on continue de raconter ses histoires, avec des mots simples et beaucoup de cœur.