Archi-perdu⸱e : quand la recherche universitaire raconte Bordeaux avec humour
D'où provient le nom de la rue Belleville ? Pourquoi une compagnie d'assurance occupe-t-elle un ancien ciné-théâtre ? Ces questions intrigantes ouvrent les portes d'une exploration captivante de l'histoire du spectacle à Bordeaux. Dans une série de six capsules vidéo diffusées sur YouTube, deux chercheuses de l'université Bordeaux-Montaigne, Louise de Sébouy et Pauline Beaucé, décryptent avec dynamisme et légèreté le patrimoine culturel de la ville.
Une vulgarisation scientifique accessible et ludique
« Tu connais le point commun entre Molière, un garage et une église ? » Cette accroche énigmatique introduit l'un des épisodes d'Archi-perdu⸱e, consacré à un ancien théâtre de la rue du Mirail. Louise de Sébouy, docteure en arts et cofondatrice de la compagnie 10 secondes et des brouettes, incarne ces vidéos avec un ton décalé. « On essaie de rendre accessibles des recherches méconnues. Le but c'est de rester dans l'humour, en utilisant des références pop culture », explique-t-elle.
Le projet est né d'un appel à projets du label Sciences avec et pour la société, porté par le ministère de l'Enseignement supérieur pour soutenir la vulgarisation scientifique. Pauline Beaucé, maîtresse de conférences en études théâtrales, souligne que la série maintient une exigence scientifique tout en étant divertissante. Les retours du public sont très positifs, validant cette approche innovante.
Un héritage culturel qui façonne notre société
Chaque épisode s'appuie sur la thèse de Louise de Sébouy, qui étudie les espaces de spectacle bordelais du XVIIIe au début du XXe siècle. Les lieux sélectionnés éclairent des phénomènes sociaux historiques et contemporains. « Les spectacles, le théâtre, ont créé un héritage culturel commun. On connaît tous des airs d'opéras utilisés dans des pubs, des films… La culture est un outil qui nous permet de faire société, c'est important de savoir d'où ça part », affirme la chercheuse.
Cette démarche permet de comprendre comment le passé influence notre présent, en montrant que la culture spectacle est un vecteur essentiel de cohésion sociale. Les vidéos révèlent ainsi des anecdotes surprenantes, comme la transformation d'un garage en salle de spectacle ou la réutilisation d'édifices religieux.
Une saison deux déjà en perspective
Fortes de ce succès, les deux chercheuses envisagent une deuxième saison d'Archi-perdu⸱e. Celle-ci se concentrera sur les travaux de Pauline Beaucé dans le cadre de l'Institut Universitaire de France (IUF), portant sur les enfants artistes de scène au XVIIIe siècle. « On peut croire que le phénomène des enfants stars est récent, alors que les enfants sur scène ont toujours existé », précise-t-elle, promettant des révélations fascinantes.
Louise de Sébouy souhaite également élargir la diffusion de leur travail, notamment via une médiation auprès des scolaires. Cette initiative permettrait d'éveiller les jeunes générations à l'histoire culturelle locale, en combinant pédagogie et divertissement. Archi-perdu⸱e démontre ainsi que la recherche universitaire peut sortir des laboratoires pour captiver un large public, tout en préservant sa rigueur académique.



