La raclette, ce mets convivial composé de fromage fondu servi avec pommes de terre, charcuterie et cornichons, est un incontournable des tables françaises. Selon une récente vidéo de la série « Qu'est-ce que tu Food ? » produite par 20 Minutes, 9 Français sur 10 succombent à ce délice. Pourtant, son histoire remonte à plusieurs siècles, bien avant qu'elle ne devienne le plat hivernal que l'on connaît.
Les origines valaisannes de la raclette
Dès le XVIe siècle, les ancêtres des amateurs de raclette savouraient déjà du pain, du vin et du fromage fondu. La technique était simple : on chauffait une demi-meule de fromage sur une pierre plate jusqu'à ce qu'elle commence à « buler », puis on raclait cette couche dorée pour la déguster. Cette coutume est née dans le petit canton suisse du Valais, où l'appellation « raclette du Valais » est aujourd'hui protégée par une Appellation d'Origine Protégée (AOP).
Le fromage utilisé pour la raclette est produit à partir de lait de vache, et sa fabrication remonte à des pratiques pastorales ancestrales. Les noms de Valais, Conches ou Bagne évoquent ces terroirs d'altitude où l'on fabriquait des meules destinées à être conservées durant l'hiver.
De la tradition estivale au plat hivernal
Contrairement à une idée reçue, la raclette ne se dégustait pas uniquement en hiver. À l'origine, elle était préparée en août, avec les fromages fraîchement fabriqués durant l'été. On faisait rôtir le fromage devant le feu, sans attendre les frimas de l'hiver. Ce n'est qu'au fil du temps que la raclette est devenue associée aux soirées froides, peut-être en raison de son caractère réconfortant.
Le nom « raclette » n'est officiellement attribué à cette pratique qu'en 1874. Le terme vient du verbe français « racler », qui décrit l'action de gratter la couche fondue du fromage. Cette dénomination a permis de distinguer ce plat des autres préparations à base de fromage fondu, comme la fondue.
La conquête de l'Hexagone
La démocratisation de la raclette en France s'est accélérée en 1909 grâce à une chanson du poète français Pérolaz. Ce dernier a contribué à populariser la tradition au-delà des montagnes suisses, la faisant connaître dans tout l'Hexagone. Même le sud de la France, pourtant réputé pour sa cuisine méditerranéenne, a fini par adopter ce plat alpin, transformant une spécialité de bergers en un incontournable de la convivialité hivernale.
Aujourd'hui, la raclette est un symbole de partage et de simplicité. Elle se déguste en famille ou entre amis, souvent lors des fêtes de fin d'année. Les appareils à raclette modernes ont remplacé la pierre plate et la demi-meule, mais l'esprit reste le même : faire fondre du fromage et le déguster avec des accompagnements variés.
Un patrimoine gastronomique protégé
La raclette du Valais bénéficie d'une AOP depuis 2007, garantissant son origine et sa qualité. Pour porter ce label, le fromage doit être produit dans le canton du Valais selon des méthodes traditionnelles. Cette protection permet de préserver un savoir-faire ancestral et de distinguer la véritable raclette valaisanne des imitations.
L'histoire de la raclette illustre parfaitement comment un plat rustique peut traverser les siècles et les frontières pour devenir un élément central de la gastronomie française. Sa simplicité et son côté convivial en font un mets apprécié de toutes les générations.



