Le photographe Mustapha Azeroual présente jusqu'au 15 septembre à la galerie parisienne Les Filles du Calvaire une série de 40 tirages en noir et blanc, intitulée « Les Heures douces ». L'exposition rassemble des images prises entre 2018 et 2024 dans les rues de Casablanca et de Marrakech, où l'artiste capture des instants de vie quotidienne de la jeunesse marocaine avec une lumière douce et une composition soignée.
Un regard poétique sur la jeunesse marocaine
Né à Tétouan en 1986, Mustapha Azeroual a commencé la photographie comme autodidacte. Il s'inspire du cinéma et de la peinture pour créer des images qui semblent suspendre le temps. « Je cherche à montrer la beauté des moments simples, ces instants qui échappent à la frénésie du monde », explique-t-il dans un entretien à Libération. Ses sujets, souvent des adolescents ou des jeunes adultes, sont saisis dans des poses naturelles, au détour d'une ruelle ou sur une plage déserte.
Un succès grandissant
L'exposition a déjà attiré plus de 3000 visiteurs depuis son ouverture le 1er juillet, selon les chiffres communiqués par la galerie. Plusieurs tirages ont été vendus à des collectionneurs privés, dont un pour 5000 euros. Azeroual, qui a remporté le prix de la jeune photographie marocaine en 2022, voit son travail reconnu au-delà des frontières. Son livre « Les Heures douces », publié en mai dernier aux éditions Le Chant du Monde, s'est écoulé à 1500 exemplaires en un mois.
Entre tradition et modernité
Ses images mêlent des éléments de la culture marocaine traditionnelle – tagines, babouches, portes en bois sculpté – à des signes de modernité comme les smartphones et les vélos en libre-service. « Azeroual capture l'âme du Maroc contemporain, sans cliché ni misérabilisme », estime la critique d'art Lamia Berrada. Le photographe prépare actuellement une résidence à l'Institut français de Casablanca, où il animera des ateliers pour jeunes photographes.



