Depuis le début de la saison, trois restaurants emblématiques de Juan-les-Pins ont changé de propriétaires : Lou Cancan, le Bar de la plage et le Vésuvio 1958. Ces reprises ne sont pas le fruit du hasard, mais s'inscrivent dans une dynamique de renouveau de la station balnéaire. Les trois repreneurs, qui ont investi sans hésiter, déclarent : « On croit fort en l'avenir de Juan-les-Pins ».
Le Vésuvio 1958, une histoire de famille
Au cœur de la station, l'institution Le Vésuvio 1958 a rouvert ses portes en début de saison, portée par un duo père-fille. Jean-Jacques Gonzales, figure bien connue de Juan-les-Pins, et sa fille Lola prennent les rênes de l'établissement au quotidien. « Le Vésuvio est mythique, c'est le grand-père de ma fille qui l'a créé en 1958 (Pierre et Henri Giordanengo). C'est pour cela que nous avons décidé de le reprendre », confie Jean-Jacques Gonzales.
Après une révision complète et un embellissement sobre et chic, des assises velours terracotta au traditionnel four à bois remis à neuf, l'adresse entend retrouver tout son prestige. « Notre objectif est de remonter son image », insiste le propriétaire. En cuisine, le chef Jean-Laurent Depoil propose une cuisine méditerranéenne : petits farcis niçois, carpaccio de poulpe, linguine aux fruits de mer et pizzas romaines à la pâte ultra-fine cuites au feu de bois.
Autre engagement fort : rompre avec la saisonnalité stricte. « On souhaite rester ouvert toute l'année », martèle le patron qui, pour l'été, n'ouvre que le soir. Un choix stratégique pour séduire les touristes de passage, mais surtout pour redonner aux Juanais un rendez-vous gourmand au fil des quatre saisons.
Le Café de la plage, une mécanique de précision
L'horloge du Café de la plage à Juan-les-Pins affiche l'heure. La bonne heure. Et ce, depuis plusieurs mois. « C'est notre première dépense, en sourit aujourd'hui Laurent Roucheray, qui a repris l'affaire en 2025 avec Peggy Razungles. La première chose que l'on a fait c'est de réparer cette horloge. Tout le monde pensait qu'elle appartenait à la Ville. »
Depuis leur reprise de « ce spot extraordinaire », tout a été réfléchi et bien pensé. « Nous avons eu 8 mois de travaux, raconte Peggy. C'était vraiment dans son jus. On a tout refait, tout repensé. » Sidney Bechet, Francis Scott Fitzgerald et les noms qui ont fait l'histoire de la station s'affichent au mur. « On a surtout essayé de refaire une brasserie dans l'esprit Riviera », complète Laurent.
Une brasserie traditionnelle ouverte 7 jours sur 7, de 8 h 30 à minuit. L'établissement attire les touristes mais fidélise surtout ses habitués. « On souhaite que cela devienne un vrai rendez-vous. » Peggy et Laurent se sont entourés d'une équipe conséquente (32 l'été, 15 l'hiver) et ont confié la cuisine au chef Benoit Romain. « On essaye de faire des choses qui ne se font pas ailleurs », explique Laurent, qui aime « chercher des produits d'exception ». Et c'est d'ailleurs l'une de leur meilleure récompense depuis leur ouverture : « Voir les assiettes qui reviennent vides. »
Adèle, l'esprit brasserie parisienne s'installe
« On nous a dit que c'était très beau et on vient voir… » Ces Juanais ne se trompent pas. Avec son vert pistache, ses petites tables rondes, son magnifique bar et sa déco soignée, le nouvel établissement Adèle, situé avenue Guy-de-Maupassant à Juan-les-Pins, marque les esprits au premier coup d'œil. Ouvert depuis le 15 juillet, il tranche directement avec le rouge de l'ancien Lou Cancan.
Un pari réussi pour les quatre nouveaux propriétaires (Eric, Laurent, Ghaith, Emeric) qui ont misé sur quelque chose de complètement différent. « La fermeture du Cancan a éteint un peu la rue », explique Eric, qui s'est associé avec trois autres amis commerçants pour redonner un peu d'oxygène au quartier. « On s'est dit qu'il manquait une brasserie parisienne avec du style. »
Une inspiration qui est venue d'Emeric : « Je travaille régulièrement à Paris. Je suis passionné de cuisine et j'aime cette cuisine française. » Après quatre mois de travaux pour tout refaire avec goût, « il ne reste plus une vis », ils ont donc décidé d'écrire une nouvelle page de l'histoire de cet établissement avec l'objectif de devenir « une brasserie de quartier » et de séduire tout au long de l'année « la clientèle locale ». Pour cela, ils ont misé sur une ambiance « apaisante et chaude », une cuisine maison avec des produits de qualité et « une bonne cave de vins ».
Ces trois reprises illustrent la mue de Juan-les-Pins, qui poursuit sa transformation avec la renaissance du Provençal, celle à venir du Garden Beach et la volonté du maire Jean Leonetti de moderniser la station.



