Depuis plus de cinquante ans, la petite échoppe de Josy, plantée sur le sable de la plage de Salis à Antibes, incarne l’excellence du pan bagnat. Chaque été, des centaines de baigneurs et de gourmands font la queue pour déguster ce sandwich emblématique de la cuisine niçoise, préparé avec une rigueur et un savoir-faire inchangés.
Un rituel ancestral ancré dans le sable
Le pan bagnat de chez Josy n’est pas un simple en-cas de plage. C’est une institution. « Mon père a commencé en 1972 avec une glacière et une table pliante », raconte Josy, qui a repris l’affaire familiale. Aujourd’hui, le stand sert en moyenne 800 pan bagnat par jour en juillet et août, un chiffre qui grimpe à 1 200 les week-ends ensoleillés, selon Le Monde.
La recette, jalousement gardée, repose sur des produits locaux : pain de campagne légèrement rassis, tomates mûres à point, thon à l’huile d’olive, anchois, câpres, olives noires, œuf dur, basilic frais, et un filet d’huile d’olive de la région. « Le secret, c’est de ne jamais le couper en deux avant que le client ne le commande, pour que le pain reste bien imbibé sans se défaire », confie Josy.
La plage de Salis, écrin de cette tradition
Située à deux pas du centre historique d’Antibes, la plage de Salis attire une foule cosmopolite. Mais tous convergent vers le même point : le kiosque jaune et blanc de chez Josy. « C’est notre pause déjeuner obligatoire depuis vingt ans », témoigne Marc, un habitué venu de Cannes. « Rien ne vaut un pan bagnat de Josy, les doigts encore pleins de sable. »
Le produit phare coûte 9 euros, un prix stable depuis trois ans malgré l’inflation. Cette fidélité tarifaire fait partie de la philosophie de la maison : « On veut que tout le monde puisse se faire plaisir », explique Josy. Le pan bagnat est préparé à la demande, avec un temps d’attente qui peut atteindre quinze minutes aux heures de pointe, mais les clients ne se plaignent pas : la récompense gustative est à la hauteur.
Une renommée qui dépasse les frontières
Le bouche-à-oreille et les guides touristiques ont fait de chez Josy une étape incontournable. Des touristes américains, japonais ou australiens viennent spécialement pour goûter ce sandwich. « On a été recommandés par un ami qui avait vu un reportage », raconte Sarah, touriste canadienne. « C’est simple, frais et délicieux. On comprend pourquoi c’est une légende. »
Pourtant, l’activité reste fragile : le stand est saisonnier et dépend de la météo. Josy confie que l’été 2025 a été « exceptionnel » avec 45 000 pan bagnat vendus en deux mois et demi. Mais la pression foncière et les réglementations sur les plages menacent la pérennité de ces petites échoppes. « On se bat pour conserver notre emplacement, car sans lui, c’est tout un patrimoine culinaire qui disparaît », alerte-t-elle.
Un symbole de l’art de vivre azuréen
Au-delà du simple sandwich, le pan bagnat de chez Josy incarne l’authenticité et la convivialité méditerranéenne. Chaque bouchée rappelle les valeurs de la cuisine niçoise : simplicité, produits de qualité, partage. Les habitués aiment à rappeler que ce pan bagnat est « le meilleur du monde », une fierté locale qui se transmet de génération en génération.
En fin de saison, Josy envisage déjà l’année prochaine. « Tant qu’il y aura du soleil et des clients, on sera là », sourit-elle. Un pari gagnant pour ce pan bagnat qui, décidément, n’a pas fini de faire des émules sur la plage de Salis.



