À fleur d'ados avec le photographe Jay Ng Yun Ki
À fleur d'ados avec le photographe Jay Ng Yun Ki

Le photographe sud-coréen Jay Ng Yun Ki expose à la galerie VU à Paris jusqu'au 28 septembre 2024 une série intitulée "À fleur d'ados". Cette exposition plonge le visiteur dans l'intimité des adolescents sud-coréens, pris entre traditions et modernité, dans un pays où la pression scolaire est immense.

Une plongée dans l'intimité adolescente

Jay Ng Yun Ki, né en 1983 à Séoul, a passé plusieurs années à photographier des adolescents dans leur quotidien. Ses images, souvent prises de dos ou de profil, montrent des jeunes absorbés par leurs smartphones, dans des chambres décorées de posters de K-pop, ou encore dans des espaces publics comme les cybercafés. "Je voulais capturer ce moment de transition où ils sont encore des enfants mais doivent déjà faire face aux attentes de la société", explique-t-il.

Une société sous pression

La Corée du Sud est connue pour son système éducatif extrêmement compétitif. Selon l'OCDE, les élèves sud-coréens passent en moyenne 7 heures par jour à étudier, un chiffre bien supérieur à la moyenne des pays développés. Cette pression se reflète dans les photographies de Jay Ng Yun Ki, où l'on voit des adolescents fatigués, souvent seuls, dans des environnements stériles. "Leur vie est rythmée par les examens et les cours particuliers. Il y a peu de place pour l'insouciance", ajoute le photographe.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La technologie comme échappatoire

Les smartphones et les jeux vidéo occupent une place centrale dans la vie de ces jeunes. Dans ses clichés, Jay Ng Yun Ki montre comment la technologie devient à la fois un refuge et un vecteur d'isolement. "Ils sont connectés au monde entier, mais souvent déconnectés de leur propre réalité", note-t-il. Une photo montre une adolescente allongée sur son lit, le visage éclairé par l'écran de son téléphone, tandis que son corps semble flotter dans l'obscurité.

Une esthétique entre rêve et réalité

Le travail de Jay Ng Yun Ki se caractérise par une lumière douce et des couleurs pastel, créant une atmosphère onirique. Les images sont souvent floues ou surexposées, comme pour exprimer la fragilité de cette période de la vie. "Je ne cherche pas à montrer la réalité brute, mais plutôt la sensation que j'ai eue en étant avec eux", confie-t-il. Cette approche a séduit la galerie VU, qui expose pour la première fois un photographe sud-coréen.

Un regard universel

Bien que centrée sur la Corée du Sud, l'exposition résonne avec des problématiques mondiales : la pression scolaire, l'impact des écrans, la quête d'identité. "Les adolescents du monde entier vivent des expériences similaires, même si le contexte culturel diffère", souligne le photographe. L'exposition a déjà été présentée à Séoul et à Tokyo, et a reçu un accueil critique favorable. Le catalogue de l'exposition, publié aux éditions Textuel, comprend une centaine de photographies et un essai de la critique d'art Kim Hye-jin.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale